Le pacha ne douta cependant pas. Il cueillit une feuille de l'arbre, la posa sur sa bouche, prononça trois fois le nom d'Allah, et le serpent sortit de sa poitrine, noirci et calciné par la justice divine, qui ne permet jamais que la vertu soit punie.

Le bon pacha qui avait été sauvé ainsi par un miracle, remercia tous les jours Allah de l'avoir sauvé de ce terrible danger. Il continua à vivre heureux, au milieu de sa famille, et recommanda tous les jours à ses enfants de ne pas oublier que le Koran commande l'hospitalité. Cette recommandation fut répétée par ses enfants à ses petits-enfants, et tous les descendants du pacha sont renommés pour leur hospitalité.


[LES DEUX FRÈRES.][22]

Il y avait une fois un homme, bien pauvre, qui avait deux fils Jozka et Janko. L'aîné (=le plus âgé) de ces deux fils était très intelligent, et un jour son père lui dit:

"Jozka, il est temps d'aller faire ton tour d'apprentissage."

Le jeune homme, qui était très content de voyager, reçut la bénédiction de son père, quelques gâteaux de sa mère, et partit gaiement. Il marcha longtemps, il traversa une montagne sombre, et il arriva enfin dans une prairie.

Comme il avait faim, il prit un des gâteaux que sa bonne mère lui avait donnés, et commença à le manger de bon appétit. Les fourmis arrivèrent aussitôt, et crièrent au jeune homme:

"Donne-nous un bien petit morceau de ton bon gâteau!"

Mais Jozka était gourmand et égoïste, et il refusa de leur en donner même les miettes. Les fourmis, très désappointées, dirent alors: