Il vidait ses paniers pour la quatrième fois, quand une grande vague arriva et enleva le bateau. Godefroi saisit les rames pour ramener le bateau à terre, mais les vagues emportèrent les rames. Alors le pauvre garçon commença à crier.

Son père arriva au rivage, juste à temps pour voir disparaître le petit bateau, qui était emporté par les vagues avec une grande rapidité. Le pauvre homme pensa: "Mon enfant, mon pauvre enfant est mort. Il a péri dans les vagues!" Et il pleura beaucoup. La mère de Godefroi avait vu la tempête, et dit: "Oh, voici une tempête terrible! J'espère bien que mon mari et Godefroi sont restés sur l'île." Elle pria toute la nuit.

Le lendemain la mer était calme, mais le père et Godefroi n'arrivèrent pas. Alors la pauvre femme alla chez un riche voisin appelé Thomas et lui dit que son mari et son fils n'étaient pas revenus de l'Île Verte.

Le voisin, compatissant, dit: "Ne pleurez pas, pauvre femme. Il est probable que la tempête a emporté le bateau. Mais votre mari et Godefroi sont, sans doute, sur l'île. Je vais partir immédiatement pour aller les chercher."

Le brave homme partit immédiatement, et avant la nuit il revint avec le pauvre père, qui raconta, en pleurant, que le bateau avait été emporté par la tempête et que le pauvre Godefroi avait sans doute péri. Toute la famille pleura beaucoup, et la mère resta inconsolable.

Mais Godefroi n'avait pas péri. Le vaisseau, emporté rapidement par la tempête, avait disparu dans l'obscurité. Le pauvre petit Godefroi, pâle d'effroi (de terreur), commença à prier avec ferveur: "Bon Dieu, sauvez-moi!"

Après avoir voyagé quelque temps dans l'obscurité, le vaisseau fut jeté sur un rocher. Le choc fut terrible, et Godefroi sortit vite du bateau, et tomba sur le rocher. Quand la tempête fut finie, le pauvre garçon s'aperçut qu'il était sur une île. Son bateau avait été jeté dans une petite anse (baie) entre deux grands rochers.

Il regarda de tous côtés, et ne vit rien que les rochers, et l'immensité du ciel et de la mer. Après quelques minutes, cependant, il aperçut l'Île Verte à l'horizon, mais elle était à une grande distance et ne paraissait pas plus grande qu'une petite plante.

Godefroi courut à son bateau, en disant: "L'Île Verte est là, il faut que je retourne à l'Île Verte!" Mais au bout de quelques minutes il vit que c'était impossible. Le bateau était brisé (cassé). Il vit que les rames étaient parties aussi. Alors Godefroi commença à pleurer. Mais il n'y avait personne pour le consoler, personne pour l'aider, et Godefroi essuya enfin ses larmes.

Il alla prendre du pain et des noix dans le bateau, mangea tristement son souper, et quand la nuit arriva, il s'enveloppa dans le grand manteau d'hiver de son père, se coucha sur le rocher, et s'endormit en pleurant. Le lendemain matin il se réveilla. Le soleil était chaud, bien chaud. "Oh!" dit Godefroi, "j'ai soif! J'ai bien soif; où y a-t-il de l'eau?"