La mer était là, mais l'eau de mer est très désagréable. Elle est très salée, et il est impossible de la boire. Le pauvre Godefroi regarda de tous côtés. Enfin il se décida à quitter le rocher où la tempête l'avait jeté, et à aller chercher une fontaine dans l'île. Il prit du pain et des noix dans sa poche, il mit son chapeau sur la tête, il prit une des petites haches et un bâton et partit.
Il marcha longtemps, longtemps, et découvrit que l'île était formée d'une grande masse de rochers. Au centre de l'île il y avait deux pics très élevés. Les rochers de l'île étaient chauffés par le soleil, et la soif du pauvre Godefroi était toujours plus ardente. Il souffrait beaucoup. Enfin il tomba à genoux en pleurant, et dit:
"Mon Dieu, faites-moi trouver de l'eau, ou je mourrai de soif!"
A cet instant il entendit un petit murmure, et en descendant dans un petit ravin il trouva une source d'eau claire. Quelle joie pour Godefroi! Il but avec plaisir, et alors il tomba à genoux, et remercia Dieu qui lui avait montré cette source d'eau fraîche.
Alors Godefroi mangea son pain et ses noix, et quand il eut fini ce dîner frugal, il gravit (grimpa) la plus haute des deux montagnes.
Du sommet de la montagne il vit la vaste mer, et près de l'horizon l'Île Verte, qui paraissait si petite. Godefroi vit aussi beaucoup de vaisseaux qui suivaient la ligne de l'horizon, mais qui ne s'approchaient pas de son île, qui était vraiment dangereuse parce qu'elle était entièrement composée de rochers.
Godefroi descendit de la montagne, il retourna au bateau, il mangea du pain et des noix, il s'enveloppa dans son manteau, et passa une seconde nuit sur l'île déserte, après avoir pensé à ses parents et après avoir récité sa prière du soir.
Quand le matin arriva, Godefroi vit avec détresse que sa provision de pain était bien petite: "Oh!" dit-il, "je n'ai que peu de pain. J'ai examiné toute l'île hier, depuis le sommet de la montagne, et je n'ai pas vu une seule plante ou un seul arbre fruitier. J'ai vu de la mousse et des sapins, mais il est impossible de manger de la mousse ou du bois de sapin. Je suis sûr que je mourrai de faim ici sur cette île déserte, car mon père m'a souvent dit que l'Île Verte était la seule île sur nos côtes. Il ne sait donc pas que cette île existe, et il ne pensera pas à venir me chercher ici!"
Le pauvre Godefroi mangea aussi peu que possible, mais hélas! son pain diminua bien rapidement. Il alla dans toutes les directions pour trouver des provisions, mais il ne trouva rien, absolument rien. Enfin Godefroi mangea son dernier morceau de pain, et ses dernières noix, et s'assit tristement au bord de la fontaine, en pensant qu'il serait bientôt mort de faim.
Son attention fut bientôt attirée par les poissons qui nageaient dans l'eau limpide: "Oh!" dit-il, "si j'avais seulement une ligne, des hameçons, et un filet, je pourrais prendre des poissons!"