Racontez cette anecdote en cent mots.
2. LA VISITE RENDUE
Le nom de Voltaire est universellement connu. Il n'en est pas tout à fait de même de son ami Piron; toutefois suffira-t-il de dire qu'il a été l'auteur d'un grand nombre de satires et de chansons spirituelles, quoique licencieuses.
Une fois Voltaire et Piron étaient allés passer quelque temps dans un château. Un jour Piron écrivit sur la porte de Voltaire le mot Coquin. Sitôt que Voltaire le vit, il se rendit chez Piron, qui lui dit: «Quel hasard me procure l'avantage de vous voir?--Monsieur, lui répondit Voltaire, j'ai vu votre nom sur ma porte, et je m'empresse de vous rendre ma visite.»
À quel titre le nom de Voltaire est-it célèbre?--Le nom de Piron est-il aussi connu que celui du philosophe?--Dans quel genre a-t-il montré du mérite?--Où séjournaient les deux auteurs?--Quel tour Piron a-t-il joué à Voltaire?--Qu'est-ce que celui-ci a fait sur-le-champ?
Faites ce récit de mémoire.
3. LE DOMINO JAUNE
Sous Louis XVI, à l'occasion de la naissance du dauphin, une grande fête fut donnée à Versailles, et l'histoire anecdotique du règne a attaché un plaisant souvenir au bal qui la termina. Un buffet, orné superbement, offrait aux danseurs une collation apprêtée avec une royale magnificence. Les regards des spectateurs furent bientôt attirés sur une personne de haute taille, couverte d'un domino jaune, que trois ou quatre fois déjà on avait vue s'approcher du buffet. Douée d'un appétit de Gargantua, et brûlée sans doute d'une soif inextinguible, elle mangeait et buvait d'une façon prodigieuse.
La surprise se trouva changée en stupéfaction, lorsqu'on aperçut le domino jaune attablé pour la cinquième fois, et que les mets eurent recommencé à disparaître dans son estomac insatiable. On se demandait: «Quel est donc ce masque à l'appétit si prodigieux?» Et les vieux courtisans se disaient entre eux: «Les plus grands mangeurs que nous ayons[1] entendu vanter n'approchaient pas de celui-ci.» Informations prises, il se trouva que les gardes françaises préposées à la garde du château avaient imaginé la plaisanterie suivante: le déguisement était revêtu à tour de rôle par chacun de ces espiègles soldats, et ils participaient ainsi aux joies de la fête. Instruite de cette mascarade amusante, la reine en rit beaucoup. Les officiers furent priés de fermer les yeux sur cette escapade, et les ordonnateurs du bal invités à veiller au renouvellement ininterrompu des provisions du buffet.
[Footnote 1: Why subjunctive?]