Un particulier avait la réputation de bien faire le café. C'est un talent et notre homme le savait bien. Un jour il reçoit une lettre où, avec les compliments les plus flatteurs sur son talent, on le priait d'envoyer sa recette.

Le grand homme se rend avec joie à cette demande, et remercie l'auteur de la lettre de la bonne opinion qu'il a de lui; puis, saisi tout à coup de méfiance, il ajoute: j'espère cependant que votre demande n'est pas une ruse pour vous procurer mon autographe.

Quel don notre homme avait-il?--S'en faisait-il fort?--Le bruit de son talent s'est-il répandu?--Quelle demande ce monsieur a-t-il reçue un jour?--S'y est-it rendu?--De quelle arrière-pensée a-t-il été tout à coup saisi?

7. AUGUSTE ET LE VÉTÉRAN

Le succès de nos affaires dépend souvent de notre présence d'esprit.

Un vieux soldat d'Auguste, qui s'était distingué par sa bravoure et ses actions d'éclat, fut cité en justice sur une fausse accusation. Il craignait d'être condamné, car son adversaire était un grand officier de la cour. En cette conjoncture difficile, il pria l'empereur lui-même de prendre en main sa défense. Auguste appela un de ses courtisans et lui dit: «Je te recommande de faire ton possible pour faire acquitter ce brave homme. Et toi, continua-t-il en s'adressant au vétéran, va en paix: tes affaires sont en bonnes mains, ta cause triomphera.--Mon puissant empereur, répliqua le soldat, quand votre pouvoir fut menacé à la bataille d'Actium, je n'ai point chargé un autre du soin de votre défense. J'ai combattu moi-même, exposant ma vie pour sauver vos jours. Voyez ces cicatrices! Ces traces ineffaçables prouvent avec quel dévouement je vous ai servi!» En même temps il découvrit sa poitrine pour montrer les blessures qu'il avait reçues. Cet appel hardi à de vieux souvenirs valut au vétéran la protection efficace de l'empereur qui lui fit gagner sa cause.

De quoi dépend quelquefois le succès de nos affaires?--Comment le vieux soldat s'était-il distingué?--Qu'est-ce qui lui est arrivé un jour?--Quel était son adversaire?--Quelle prière a-t-il adressée à l'empereur?--Entre les mains de qui l'empereur voulait-il laisser l'affaire?--Comment a-t-il voulu rassurer le soldat?--Mais qu'est-ce que celui-ci a trouvé à redire à cela?--Quelles preuves a-t-il montrées de son dévouement?--Qu'est-ce que son appel lui a valu?

Donnez un synonyme à chacun des mots suivants: soldat, bravoure, adversaire, prier, brave, vétéran.

8. LE MÉDECIN ET SA MULE

Un Esculape, monté sur sa mule, allait voir un malade qui avait un apostème dans le larynx. Notre docteur rencontre une connaissance à la porte même de son client. Il quitte les étriers pour causer plus à son aise, et laisse sa monture qui, trouvant la porte ouverte, pénètre toute seule dans la maison. La chambre du malade était au niveau du sol. La mule, d'un pas délibéré, et toute enharnachée, pénètre dans l'appartement où le pauvre diable était couché. Celui-ci, qui entend du bruit, s'imagine que c'est le docteur, et avance son pouls sans se retourner. La mule, qui voit un bras tendu devant elle sans savoir pourquoi, saisit le poignet avec les dents. Le malade, épouvanté, tourne la tête et saute au bas du lit pour chasser l'animal; puis il est pris d'un tel accès de rire, que l'apostème en crève.