Quel est le faible des conteurs?--Avec qui parlait-on de cet inconvénient?--Comment s'est-il justifié?
144. L'ASTROLOGUE SAUVÉ PAR SA PRÉSENCE D'ESPRIT
Un astrologue, sous le règne de Louis XI, ayant prédit quelque chose de désagréable à ce roi, sa majesté, pour se venger, résolut de le faire mourir. Il envoie le jour suivant chercher l'astrologue, et ordonne à ses gens, à un signal donné, de le jeter par la fenêtre. Aussitôt que le roi le voit: «Vous qui prétendez, dit-il, être si sage, et savoir si parfaitement la destinée des autres, dites-moi un peu quelle est la vôtre, et combien de temps vous avez encore à vivre.» L'astrologue, qui savait qu'il y allait de sa vie, répondit avec une grande présence d'esprit: «Je sais ma destinée, et je suis certain de mourir trois jours avant votre majesté.» Le roi, là-dessus, loin de le faire jeter par la fenêtre, fit prendre, au contraire, le plus grand soin de lui, et fit tout ce qui était en son pouvoir pour retarder la mort de celui qu'il devait sitôt suivre.
Qu'est-ce que l'astrologue avait prédit?--Quelle était la résolution du roi?--Où a-t-il envoyé le jour suivant?--Qu'avait-il ordonné à ses gens?--Quelle question le roi a-t-il posée à l'astrologue?--Comment celui-ci y a-t-il répondu?--Qu'est-ce qui a effrayé le roi?--Quelle a été sa conduite après l'entrevue?
Racontez en 200 mots cette histoire.
Donnez un ou deux mots formés des mots soulignés: sauvé--sauveur, sauvetage.
145. UN MOT DE TRIBOULET
L'usage des bouffons fut légué par l'antiquité au moyen âge. Il se perpétua sous les rois de France, et l'emploi d'amuseur officiel devint une véritable charge à la cour des Valois. Les bouffons étaient, en général, des nains contrefaits que l'on affublait d'une livrée bizarre et que les rois ou les princes entretenaient auprès d'eux pour s'amuser de leurs facéties.
Triboulet, qui vécut sous Louis XII et François, I, est un de nos bouffons les plus célèbres. Son esprit, fertile en saillies, ne ménageait personne; mais ses bons mots étaient si plaisants que, d'ordinaire, le rire qu'ils provoquaient disposait à l'indulgence. Cependant il rencontra parfois sur son chemin des gens qui accueillirent mal ses plaisanteries. Un jour même, certain seigneur se fâcha si fort contre Triboulet qu'il le menaça de lui passer son épée à travers le corps. Le pauvre bouffon, tout effrayé, vint se plaindre au roi du mauvais traitement dont on le menaçait. «Que ton ennemi, s'écria François I, ne s'avise[1] pas de commettre une si sotte action, car je le fais pendre un quart d'heure après.--Merci, prince, répondit le bouffon; je n'attendais pas moins de votre générosité. Mais voulez-vous mettre le comble à votre bonté?--Que dois-je donc t'accorder encore?--Faites-le pendre un quart d'heure avant.»--CLAUDE AUGÉ.
[Footnote 1: Why subjunctive?]