Soyez prêt à donner une définition en français des adjectifs et des adverbes.

159. UN JUGEMENT ÉQUITABLE

Un émigré français, se voyant obligé de passer l'hiver dans un village de Westphalie, voulut acheter du bois, dont il avait grand besoin. Il en voit passer sur une charrette, et il le marchande. Le voiturier, s'apercevant qu'il a affaire à un étranger, lui demande trois louis de ce qui vaut tout au plus huit francs. Le marché conclu, le voiturier se rend au cabaret pour y déjeuner, et se vante d'avoir trompé l'étranger, disant que son bois était à lui et qu'il avait le droit de le vendre le prix qu'il voulait, sans que personne y trouvât[1] à redire. Le déjeuner fini, le voiturier demande ce qu'il doit. «Trois louis, répond l'aubergiste.--Comment! trois louis un si maigre repas?--Oui, c'est mon bien; je suis libre d'en demander le prix que je veux. Si vous n'êtes pas content, allons chez le bourgmestre.» Cette proposition est acceptée. Ils exposent leur cause devant le magistrat. Celui-ci, rendant son jugement sur les réclamations du voiturier, prononça en faveur de l'aubergiste. Il se fit remettre les trois louis, donna huit francs au voiturier pour prix de son bois, obligea celui-ci à payer deux francs à l'aubergiste, et il confia le reste à ce dernier qui courut le porter au Français.

[Footnote 1: Why subjunctive?]

Écrivez cette histoire.

160. LES LANGUES D'ÉSOPE

Ésope, esclave du philosophe grec Xanthus, reçut un jour de son maître, qui avait invité plusieurs amis à dîner, l'ordre d'acheter au marché ce qu'il y aurait de meilleur, et rien autre chose. «Je t'apprendrai, dit en lui-même le Phrygien, à spécifier ce que tu souhaites, sans t'en remettre à la discrétion d'un esclave.» Il n'acheta donc que des langues, qu'il fit accommoder à toutes les sauces: l'entrée, le second service, l'entremets, tout ne fut que langues. Les conviés louèrent d'abord le choix d'Ésope; à la fin ils s'en dégoûtèrent. «Ne t'avais-je pas ordonné, dit Xanthus, d'acheter ce qu'il y avait de meilleur?--Hé! qu'y a-t-il de meilleur que la langue? répondit Ésope. C'est le lien de la vie civile, la clef des sciences, l'organe de la vérité et de la raison; par elle, on bâtit des villes et on les police; on instruit, on persuade, on règne dans les assemblées; on s'acquitte du premier de tous les devoirs, qui est de louer les dieux.--Eh bien! reprit Xanthus, qui prétendait l'embarrasser, achète-moi demain ce qu'il y a de pire: ces mêmes personnes viendront chez moi, et je veux diversifier.»

Le lendemain, Ésope ne fit encore servir que des langues, disant que la langue est la pire chose qui soit[1] au monde: «C'est la mère de tous les débats, la nourrice de tolls les procès, la source des divisions et des guerres. Si elle est l'organe de la vérité, elle est aussi celle de l'erreur, et, qui pis est, de la calomnie. Par elle, on détruit les villes: si, d'un côté, elle loue les dieux, de l'autre, elle est l'organe du blasphême et de l'impiété.»

Les langues d'Ésope sont restées célèbres pour désigner ce qui, pouvant être envisagé sous deux aspects opposés, donne prise également à la louange et à la critique.

[Footnote 1: Why subjunctive?]