“10e Auguste, 1768, à Ferney. Vous êtes bénie de Dieu, madame. Il y a six ans que je plante des figuiers, et pas un ne réussit. Ce serait bien là le cas de sécher mes figuiers. Mais si j’avais des miracles à faire, ce ne serait pas celui-là. Je me borne à vous remercier, madame. Je crois qu’il n’y a que les vieux figuiers qui donnent. La vieillesse est encore bonne à quelque chose. J’ai comme vous des chevaux de trente ans; c’est ce qui fait que je les aime; il n’y a rien de tel que les vieux amis. Les jeunes pourtant ne sont pas à mépriser, mesdames. V.”

One more letter by Voltaire is all that can find room here. The Landgrave seems to have sent by Mme. Gallatin some asparagus seed to Voltaire, which he acknowledged in these words:

VOLTAIRE TO THE LANDGRAVE OF HESSE.

Le 15e septembre, 1772, de Ferney.

Monseigneur,—Mme. Gallatin m’a fait voir la lettre où votre Altesse Sérénissime montre toute sa sagesse, sa bonté et son goût en parlant d’un jeune homme dont la raison est un peu égarée. Je vois que dans cette lettre elle m’accorde un bienfait très-signalé, qu’on doit rarement attendre des princes et même des médecins. Elle me donne un brevet de trois ans de vie, car il faut trois ans pour faire venir ces belles asperges dont vous me gratifiez. Agréez, monseigneur, mes très-humbles remerciements. J’ose espérer de vous les renouveler dans trois années; car enfin il faut bien que je me nourrisse d’espérance avant que de l’être de vos asperges. Que ne puis-je être en état de venir vous demander la permission de manger celles de vos jardins! La belle révolution de Suède opérée avec tant de fermeté et de prudence par le roi votre parent, donne envie de vivre. Ce prince est comme vous, il se fait aimer de ses sujets. C’est assurément de toutes les ambitions la plus belle. Tout le reste a je ne sais quoi de chimérique et souvent de très-funeste. Je souhaite à Votre Altesse Sérénissime de longues années. C’est le seul souhait que je puisse faire; vous avez tout le reste. Je suis, avec le plus profond respect, monseigneur, de Votre Altesse Sérénissime le très-humble et très-obéissant serviteur,

“Le vieux malade de Ferney,
“Voltaire.”

The correspondence of his Most Serene Highness, who made himself thus loved by his subjects, cannot be said to sparkle like that of Voltaire; yet, although the Landgrave’s French was little better than his principles, one of his letters to Mme. Gallatin may find a place here. The single line in regard to his troops returning from America gives it a certain degree of point which only Americans or Hessians are likely to appreciate at its full value.

THE LANDGRAVE OF HESSE TO ME. GALLATIN-VAUDENET.

Madame!—Je vous accuse avec un plaisir infini la lettre que vous avez bien voulu m’écrire le 27 mars dernier, et je vous fais bien mes parfaits remercîmens de la part que vous continuez de prendre à ma santé, dont je suis, on ne peut pas plus, content. La vôtre m’intéresse trop pour ne pas souhaiter qu’elle soit également telle que vous la désirez. Puisse la belle saison qui vient de succéder enfin au tems rude qu’il a fait, la raffermir pour bien des années, et puissiez-vous jouir de tout le contentement que mes vœux empressés vous destinent.

Quoique la lettre dont vous avez chargé Mr. Cramer m’ait été rendue, j’ai bien du regret d’avoir été privé du plaisir de faire sa connaissance personnelle, puisqu’il ne s’est pas arrêté à Cassel, et n’a fait que passer. Le témoignage favorable que vous lui donnez ne peut que prévenir en sa faveur.