GALLATIN TO BADOLLET.
Pimbeuf, 16 mai, 1780.
C’est un port de mer, 8 lieues
[au-dessous de Nantes. Nous]
nous y ennuyons beaucoup.
Mon cher ami, pourquoi ne m’as-tu point écrit? j’attendois pour t’écrire de savoir si tu étois à Clérac ou à Genève. J’espère que c’est à Clérac, mais si notre affaire t’a fait manquer ta place, j’espère, vu tout ce que je vois, que nous pourrons t’avoir cette année; j’aimerois cependant mieux que tu eusses quelqu’argent, parcequ’en achetant des marchandises tu gagnerais prodigieusement dessus. Si tu es à Clérac, c’est pour l’année prochaine. J’ai reçu des lettres fort tendres qui m’ont presqu’ébranlé et dans lesquelles on me promet en cas que je persiste, de l’argent et des recommandations. J’ai déjà reçu de celles-ci, et j’ai fait connoissance ici avec des Américains de distinction. En cas que tu sois à Clérac, je t’apprendrai que nous sommes venus à Nantes dans cinq jours fort heureusement, que nous avons trouvé on vaisseau pour Boston nommé la Katti, Cap. Loring, qui partoit le lendemain, mais nous avons été retenus ici depuis 15 jours par les vents contraires et nous irons à Lorient chercher un convoi. Mon adresse est à Monsieur Gallatin à Philadelphie, sous une enveloppe adressée: A Messieurs Struikmann & Meinier frères, à Nantes, le tout affranchi. Des détails sur ta place, je te prie. Nous ne craignons plus rien; on nous a promis de ne pas s’opposer à notre dessein si nous persistions. Hentsch s’est fort bien conduit. Adieu; la poste part, j’ai déjà écrit cinq lettres. Tout à toi.
Serre te fait ses complimens; il dort pour le moment.
The entire sum of money which the two young men brought with them from Geneva was one hundred and sixty-six and two-thirds louis-d’or, equal to four thousand livres tournois, reckoning twenty-four livres to the louis. One-half of this sum was expended in posting across France and paying their passage to Boston. Their capital for trading purposes was therefore about four hundred dollars, which, however, belonged entirely to Gallatin, as Serre had no means and paid no part of the expenses. For a long time to come they could expect no more supplies.
Meanwhile, the family at Geneva had moved heaven and earth to smooth their path, and had written or applied for letters of introduction in their behalf to every person who could be supposed to have influence. One of these persons was the Duc de la Rochefoucauld d’Enville, who wrote to Franklin a letter which may be found in Franklin’s printed correspondence.[4] The letter tells no more than we know; but Franklin’s reply is characteristic. It runs thus:
BENJ. FRANKLIN TO THE DUC DE LA ROCHEFOUCAULD D’ENVILLE.
Passy, May 24, 1780.
Dear Sir,—I enclose the letter you desired for the two young gentlemen of Geneva. But their friends would do well to prevent their voyage.
With sincere and great esteem, I am, dear sir, your most obedient and most humble servant,