V
SHORT MEMOIR by A. R. C. de St. ALBIN
This memoir was published for the first time as an article in the Critique Française of the 15th of March 1864. It was so published by the author himself, and, though appearing seventy years after Danton’s death, is not without importance. De St. Albin, who is better known by his first name of Rousselin, had some personal acquaintance with Danton (though he was but a boy at the time) and he lived to a great age. He had, moreover, an acquaintance with the family after the Revolutionary period. These circumstances make his testimony decisive on all non-controversial points and valuable on many others.
The criticisms to be made against his account are obvious. It is too florid; it errs also in giving an amiable and somewhat mediocre character to the statesman himself and to all his relatives and surroundings. We have in it but a poor expression of the energy that was Danton’s chief character, and which the writer’s own mind cannot reflect. It was, moreover, written so very long after the events which it describes that in more than one place an error of date or number has been committed; especially in the incident of Barentin at the close of the memoir, with which M. Aulard finds so much fault, and in the amount of his wife’s dowry, which was not 40,000 but only 20,000 livres. On the other hand, it is fresh, full of personal recollections, written by a trustworthy man, and gives many interesting details on the earlier and less known part of Danton’s life.
“La famille de Danton n’a point à se prévaloir d’une antique noblesse. Le nom de Danton est commun dans la contrée d’Arcis-sur-Aube, il est apparu avec un certain bruit, en 1740, dans les querelles du jansénisme. Parmi les pièces de théâtre destinées à populariser ces discussions théologiques, il en est une intitulée La Banqueroute des marchands de miracles, qui est signée du P. Danton. On a supposé, non sans raison, qui cet ecclésiastique était un grand-oncle du conventionnel.
“Georges-Jacques Danton naquit à Arcis-sur-Aube le 26 octobre 1759. Il était fils de Jacques Danton, procureur au bailliage d’Arcis, qui avait épousé, en 1754, Jeanne-Madeleine Camut. Le père mourut le 24 février 1762, âgé d’environ quarante ans, laissant sa femme enceinte et quatre enfants en bas âge, deux filles et deux garçons, Georges-Jacques Danton resta sous la tutelle de sa mère, femme douée de toutes les qualités qui commandent l’estime. C’est par la sensibilité et la douceur du caractère que la mère de Danton élevait et gouvernait sa jeune famille. Georges, celui de ses enfants dont l’extérieur indiquait le plus de force et de volonté, était le plus docile envers elle. Se jeune indépendance était bien vite soumise quand sa mère parlait à son cœur. La tendresse obtenait ce que la crainte aurait vainement tenté d’arracher. Madame veuve Danton eut un heureux auxiliaire pour le soutien de sa maison dans son père, entrepreneur des ponts et chaussées de la province de Champagne. Celui-ci donna les premières leçons à son petit-fils: il voyait avec joie ses mâles dispositions.
“Il est intéressant de noter quel fut le milieu dans lequel Danton passa ainsi ses premières années, et nous avons trouvé, dans un auteur contemporain, le passage suivant qui nous semble curieux:
“‘La ville d’Arcis-sur-Aube est composée d’hommes indépendants; l’air y est vif, les hommes sont robustes; la rivière de l’Aube, qui traverse le pays, est navigable en tout temps, le commerce maritime occupe les natifs; quand les marins ne sont pas occupés à l’eau, ils font des bas; ils sont laborieux, industrieux. Arcis n’est comparable à aucune partie de la Champagne; les lois y sont observées comme si elles n’existaient pas, par le seul sentiment de l’ordre; les seigneurs de l’ancien régime avaient toujours rencontré des opposants dans des hommes chez qui l’amour de la liberté est inné.’