“On a reproché à Danton d’avoir exploité la Révolution pour amasser scandaleusement une fortune énorme. Nous allons prouver d’une manière incontestable que c’est à très grand tort qu’on lui a adressé ce reproche. Pour atteindre ce but, nous aliens comparer l’état de sa fortune au commencement de la Révolution avec l’état de sa fortune au moment de sa mort.
“Au moment où la Révolution éclata, notre père était avocat aux conseils du Roi. C’est un fait dont il n’est pas nécessaire de fournir la preuve: ses ennemis eux-mêmes ne le contestent pas. Nous ne pouvons pas établir d’un manière précise et certaine ce qu’il possédait à cette époque, cependant nous disons que, s’il ne possédait rien autre chose (ce qui n’est pas prouvé) il possédait au moins sa charge, et voici sur ce point notre raisonnement:—
“(1ᵒ) Quelques notes qui sont en notre possession nous prouvent que Jacques Danton, notre grand-père, décédé a Arcis, le 24 février 1762, laissa des immeubles sur le finage de Plancy et sur celui d’Arcis, il est donc présumable que notre père, né le 26 octobre 1759, et par consequent resté mineur en très bas âge, a dû posséder un patrimoine quelconque, si modique qu’on veuille le supposer.”...
[Here follow guesses as to how he paid for his place in the Conseils. They are of no importance now, as we possess the documents which give us this (p. 365). The only point of interest in the passage omitted is the phrase, “probably our mother brought some dowry.” We know its amount (p. 366), but the sentence is an interesting proof of the complete dislocation which Germinal produced in the family.]
“Nous allons établir que ce qu’il possédait au moment de sa mort n’était que l’équivalent à peu près de sa charge d’avocat aux conseils. Nous n’avons jamais su s’il a été fait des actes de partage de son patrimoine et de celui de ses femmes, ni, si, au moment de la confiscation de ses biens, il en a été dressé inventaire, mais nous savons très-bien et très-exactement ce que nous avons recueilli de sa succession, et nous allons le dire, sans rester dans le vague sur aucun point, car c’est ici que, comme nous l’avons annoncé, nos arguments vont être basés sur des actes authentiques.
“Nous ferons observer que l’état que nous allons donner comprend sans distinction ce qui vient de notre père et de notre mère.
“Une loi de février 1791 ordonna que le prix des charges et offices supprimés serait remboursé par l’État aux titulaires. La charge que Danton possédait était de ce nombre. Nous n’avons jamais su, pas même approximativement, combien elle lui avait coûté. Il en reçut le remboursement sans doute, car précisément vers cette époque, il commença à acheter des immeubles dont voici le detail:—
“Le 24 mars 1791, il achète aux enchères, moyennant quarante-huit mille deux cents livres, un bien national provenant du clergé, consistant en une ferme appelée Nuisement, située sur le finage de Chassericourt, canton de Chavanges, arrondissement d’Arcis, département de l’Aube, à sept lieues d’Arcis.... Danton avait acheté cette ferme la somme de quarante-huit mille deux cents, ci
48,200 liv.
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