Vest. insiste. Un juge vas (sic) l’interroger.

Danton dit: Pourvu qu’on nous donne la parole et largement, je suis sûr de confondre mes accusateurs; et si le peuple français est ce qu’il doit être, je serai obligé de demander leur grâce.

Camille. Ah! nous aurons la parole, c’est tout ce que nous demandons (grande et sincère gaieté de tous les députés accusés).

Danton. C’est Barrère qui est patriote à present, n’est-ce-pas? (Aux jurés)—C’est moi qui ai fait instituer le tribunal, ainsi je dois m’y connaître.

Vest. Je demanderai à me mettre tout nu devant le peuple, pour qu’on me voye. J’ai reçu sept blessures, toutes par devant; je n’en ai reçu qu’une par derrière: mon acte d’accusation.

Danton. Nous respecterons le tribunal, parceque, &c.... Danton montre Cambon et dit: Nous crois-tu conspirateurs? Voyez il rit; il ne le croit pas. Écrivez qu’il a rit....

Danton. Moi vendu? un homme de ma trempe est impayable! La preuve? Me taisais je lorsque j’ai défendu Marat; lorsque j’ai été décrété deux fois sous Mirabeau; lorsque j’ai lutté contre La Fayette?—Mon affiche, pour insurger, aux 5 et 6 octobre! Que l’accusateur (Fouquier-Tinville) qui m’accuse d’après la Convention, administre la preuve, les semi-preuves, les indices de ma vénalité! J’ai trop servi; la vie m’est à charges. Je demande des commissionaires de la Convention pour recevoir ma dénonciation sur le système de dictature.

J’ai été nommé administrateur par un liste triple, le dernier, par de bons citoyens en petit nombre [that is, substitute in December 1790].

Je forçai Mirabeau, aux Jacobins, de rester à son poste; je l’ai combattu, lui qui voulait s’en retourner à Marseille.

Où es ce patriote, qu’il vienne, je demande a être confondu, qu’il paraisse, j’ai empêché le voyage de Saint-Cloud, j’ai été décrété de prise de corps pour le Champ de Mars.