DE L’INTÉRIEUR.
... Quant aux approvisionnemens des armées et de la marine, les commissaires éprouvent des obstacles, en ne pouvant, d’après le dernier décret, acheter que dans les marchés.
Le comité s’est occupé ensuite de sonder la plaie et de connaître la source de toutes les agitations qui tourmentent la république.
Ici des vérités doivent nous être déclarées; car, vous êtes sur le bord d’un abyme profond, et la Convention Nationale, au milieu de ses divisions, a oublié qu’elle marchait entre deux écueils, et qu’elle était conduite par l’aveugle anarchie.
D’un côté, l’exécrable plan de la guerre civile, secondé par l’Anglais, et sans doute dirigée de Londres, de Rome et par des agens correspondans à Paris, étendait ses ramifications sur toute la France, et principalement dans les pays qui étaient, depuis la révolution, infestés de fanatisme, ou qui avaient été le théâtre des troubles fanatiques et des complots contre-révolutionnaires.
D’un autre côté, une alarme générale s’est répandue parmi les propriétaires d’un territoire de vingt-sept mil de lieues quarrées, et ces craintes ont eu pour base des motions exagérées, des journaux feuillantisés et des propos sauguinaires; le mécontentement né de nos discussions personnelles a altéré la confiance, mais vous êtes nécessaires: les aristocrates, redoutant les passions des patriotes, ont excité les hommes énergiques contre les modérés auxquels ils se rattachent sourdement; ils ont préparé des mouvemens contraires....
Marseille, Bordeaux, Lyon, Rouen, prenez garde, la liberté vous observe sur votre marche dans la révolution; elle ne vous croira jamais contraire à ses vues; mais craignez d’être stationnaires dans le mouvement de l’opinion publique; écrasez avec nous les révoltés, les anarchistes et les brigands; mais aussi craignez le modérantisme et les intrigues de l’aristocratie qui veut vous effrayer sur les propriétés et sur le commerce, pour vous redonner des nobles, des prêtres et un roi....
Au moment où le comité a été formé, presque partout les administrations trop faibles ou trop au dessous des circonstances se ressentaient de l’influence meurtrière des passions particulières qui y correspondaient...
A Lyon, l’aristocratie a un foyer plus profond qu’on ne peut le penser; elle est secondée par l’égoïsme et l’indifférence....