A Tain, dans le département de la Drôme, des patriotes, que n’étaient qu’aisés dans leur fortune (le patriotisme se trouve rarement avec la fortune), se sont cotisés, et, de concert avec le Maire, ont fait, sans y être contraints par la loi, mais par amour pour la patrie, une cotisation, dont le produit a été employé à fournir du pain à un prix modéré, pour les citoyens peu fortunés. C’est ainsi que dans les provinces méridionales, les mœurs et l’humanité font plus que les lois et le cœur des riches dans les grandes cités....
A Tours, l’administration d’Indre et Loire, apprenant que les ennemis étaient à Loudun, et marchaient à Chinon, a pris la résolution, par un mouvement civique et spontané, de se transporter toute entière au milieu des dangers qui les menaçaient, et décidée à s’ensevelir sous les ruines de la ville, plutôt que de se rendre. Une commission y est restée. Loudun a demeuré sans défense. Quelques aristocrates en ont été heureusement chassés.
Poitiers, trop influencé par des fanatiques et par des hommes de l’ancien régime, peut donner des espérances aux révoltés, et déjà l’administration nous a fait craindre le résultat du mauvais esprit d’une partie de ses habitans, malgré l’énergie connue des patriotes qu’elle renferme.
Paris qu’on accuse sans cesse, qu’on agite presque toujours, tantôt par des crimes, tantôt par des intrigues, tantôt par des passions personnelles, tantôt par des intérêts secrets et étrangers, et plus souvent encore par l’action prolongée ou l’exaltation des passions révolutionnaires; Paris, réceptacle de tant d’étrangers, de tant de conspirateurs, doit attirer vos regards.
The following passage on the Commune of Paris is noteworthy for its non-committal character, in keeping with the attempt to get rid of the Gironde, if possible, without an insurrection.
Vous devez contenir le conseil général de la commune de Paris dans les limites que l’unité et l’indivisibilité de la République exigent et que la loi lui prescrit. C’est à vous qu’il appartient seul de dominer toutes les ambitions politiques, de détruire toutes les usurpations législatives; c’est à vous de répondre à la France du dépôt de pouvoir qui vous a été religieusement confié.
Vous devez aviser aux movemens inégaux et anarchiques que des intrigans font passer dans plusieurs sections peuplées de bons citoyens, et aux mouvemens aristocratiques qu’on pourrait cependant leur communiquer.
Vous devez surveiller également le moderantisme qui paralyse tout et prépare la perte de la liberté, et les excès le la démagogie dont les émigrés et les ambitieux, déguisés parmi nous, tiennent le secret et le prix journalier.
L’esprit des habitans de Paris est bon, malgré les vices de l’égoïsme, de l’avarice et de l’apathie d’un certain nombre de ses habitans. L’amour de la liberté, qu’on a voulu tant de fois y neutraliser, sort victorieux de toutes les épreuves; et nous pensons que Paris n’appartiendra jamais qu’à la liberté; Paris qui à détruit le trône, ne souffrira pas qu’aucune autorité usurpe le pouvoir national, qui est la propriété de tous, et qui est le véritable lieu de tous les départemens.
Malgré toutes les intrigues par lesquelles on a cherché à empêcher Paris de prononcer son patriotisme en marchant contre les révoltés, chaque section a fourni ou s’occupe de fournir son contingent pour former douze ou quatorze bataillons de mille hommes....