Lecture faite.
2º. D—— (Marie Thérèse) 19 ans, sans profession, demeurant chez parents, boulangers, à Bailleul, Rue ----, nous fait la déclaration suivante:—Ainsi que vient de le dire maman, deux officiers allemands sont entrés chez nous dans la nuit du 9 au 10 courant vers 2 heures du matin. J’étais seule avec ma mère Madame M——. De suite l’un d’eux, un grand blond, a couru sur moi, m’a renversée par terre.... Il m’a fait bien mal; j’ai souffert beaucoup et j’ai dû l’endurer sur moi pendant un quart d’heure environ. Quand il a eu assouvi sa passion, il me fait relever et me traîna vers son camarade, un grand brun, qui, à son tour, me renversa dans le corridor et me fit subir les mêmes outrages pendant un quart d’heure environ. Je dois dire qu’après que chacun d’eux, j’étais toute ... et que chacun m’a fait énormément souffrir.
Je ressens à l’heure actuelle de très violents maux de rein et mon bas ventre me fait excessivement mal. Quand le deuxième eut fini, tous deux me saisirent par un bras et me traînèrent sur la rue en me demandant mon âge. J’ai répondu que j’avais dix-neuf ans. Alors tous deux ont dit, en français le plus pur, “Vous devez connaître d’autres jeunes filles dans le voisinage; il faut nous dire où elles sont pour que nous puissions en faire autant qu’à vous-même.” J’ai répondu que je n’en connaissais pas, que je n’avais pas de camarades dans le voisinage. Ils m’ont alors embrassée tous les deux et serrée très fortement, puis ils m’ont laissé partir. Je suis rentrée chez moi. J’oubliais de vous dire qu’avant de me lâcher, tous les deux m’ont dit, “Si vous dites ce que l’on vous a fait et que nous revenions chez vous, on vous tuera.”
En rentrant chez moi je n’ai plus revu maman? Je l’ai appelée de tous côtés et finalement je l’ai retrouvée dans le jardin. Avec elle et la femme M—— nous rentrions chez nous, quand nous avons entendu les mêmes officiers qui frappaient à la porte pour rentrer de nouveau. Nous avons eu peur et nous sommes parties dans le jardin.
Lecture faite.
3º. D——, Gabrielle, femme Maerten, 72 ans, ménagère, demeurant à Bailleul, Rue——, entendue, nous fait une déclaration corroborant de tous points celles qui précèdent et signe avec nous.
Personne n’a été témoin de cette scène mais j’ai souffert beaucoup tant au physique qu’au moral de l’exploit de ces deux bandits.
Lecture faite.
III
EVIDENCE RELATING TO THE MURDER OF ELEVEN CIVILIANS AT DOULIEU
Gendarmerie Nationale
Cejourd’hui, 29 Novembre 1914.