1914. 16/8. Marsch nach Louveigne.—Mehrere Bürger u. der Pfarrer standrechtlich erschossen, zum Teil noch nicht beerdigt. Am Vollziehungsplatz noch für jedermann sichtbar. Leichengeruch Uberall. “ Pfarrer soll die Bewohner Angefeuert haben die Deutschen aus dem Hinterhalt zu töten.”

(e) Extracts from the Diary of a German Soldier, Richard Gerhold (Official Translation by French Head-quarters Staff).

Extrait du Bulletin de Renseignements de la VIº Armée du 30 avril, 1915

Extraits du carnet de route trouvé le 22 avril sur le cadavre du réserviste Richard Gerhold, du 71º R.R. (IVº C.R.) tué en Septembre à Nouvron

... Le 19 août, nous avançons et peu à peu on apprend à connaître les horreurs de la guerre: du bétail crevé, des automobiles détruites, villages et hameaux consumés; c’est tout d’abord un spectacle à faire frissonner, mais ici on cesse être un homme, on devient flegmatique et on n’a plus que l’idée de sa sécurité personnelle. Plus nous avançons, plus le spectacle est désolé: partout des décombres, fumants et des hommes fusillés et carbonisés. Et cela continue ainsi....

... Nous franchissons la frontière le 17 août; je me souviens, et je vois sans cesse ce moment là: tout le village en flammes, portes et fenêtres brisées, tout gît épars dans la rue; seule une maisonnette subsiste et à la porte de cette maison une pauvre femme, les mains hautes, avec six enfants implore pour qu’on l’épargne elle et ses petits; il en va ainsi tous les jours.

Dans le village voisin la compagnie se fait remettre les armes naturellement avec la plus grande prudence. A peine nous sommes-nous mis en marche que des maisons on tire sur nos troupes; on fait demi-tour et en quelques instants tout est en flammes; il n’y a pas de place pour la pitié, il arrive fréquemment que cette sale engeance de curés prenne part à la fusillade; c’est pour moi une folle joie quand on peut se venger de cette canaille de curés;[95] ici naturellement tout est foncièrement catholique. Quelle vie agréable la population pourrait avoir ici si elle ne se laissait pas conduire sur une mauvaise voie par cette hypocrite canaille de pretres; ... la population ne serait pas inquiétée le moins du monde de la part des Allemands; mais puisqu’il en est ainsi par ici, il n’y a pas de notre côté à garder le moindre ménagement....

... Le 18, nous atteignons Tongres: ici aussi c’est un tableau de destruction complète, c’est quelque chose d’unique en son genre pour notre profession (c’est un verrier qui parle)....

... Le 25 août, nous prenons un cantonnement d’alerte à Grinde (Sucrerie); ici aussi tout est brûlé et détruit. De Grinde nous continuous notre route sur Louvain; ici c’est partout un tableau d’horreur; des cadavres de nos gens de nos chevaux; des autos tout en flammes, l’eau empoisonnée; à peine avons-nous atteint l’extrémité de la ville que la fusillade reprend de plus belle; naturellement on fait demi-tour et on nettoie; puis la ville est mitraillée par nous complètement.

Chemin faisant passent devant nous des cortèges de prisonniers, homines femmes et enfants poussant des cris....