... Le 1º septembre, nous sommes embarqués dans Bruxelles-Paris; sur cette ligne le même tableau se renouvelle: villages consumés, fossées énormes, etc....
... Aujourd’hui, 7 septembre, c’est le jour le plus pénible que jusqu’à présent nous ayons vécu; l’endroit s’appelle Attichy; nous atteignons cet endroit en faisant de longs détours, car on a fait sauter beaucoup de ponts. A 5 h. du matin, on repart, et cela au pas accéléré parce que beaucoup de cochonneries y ont été commises....
... Le 9 septembre, après un bon cantonnement, mais qui dure trop peu, nous partons la nuit à 1 h. 1/2 après avoir mis des chemises fraîches et nous avançons vers l’ennemi vers 6 h. du matin et livrons un combat après lequel nous sommes complètement désorganisés. Notre régiment actuellement se compose d’un bataillon du 71º, d’une compagnie du 2º bataillon, de compagnies cyclistes des 14º, 46º et 27º et de nombreux autres éléments encore. Vers 11 h. du matin nous tombons sous une grêle de shrapnells, nous n’avons pas d’artillerie, ni d’autre couverture; l’après-midi nous sommes engagés dans une chaude lutte.... Ici c’est Ormoy. Nous nous joignons au 9º Corps et nous portons vers la position occupée hier par l’ennemi.... Nous faisons au feu d’artillerie très vif, mais nous ne pouvons rien faire jusqu’à ce que notre artillerie ait nettoyé la place. Nous bivouaquons en forêt après que l’ennemi s’est retiré et nous nous avançons pour chercher de l’eau; la nuit vers 3 h. nous rentrons à la compagnie. A 4 h. nous repartons: ainsi en 3 jours 8 heures de sommeil et avec cela, nourris comme cela arrive parfois à la guerre et la marche continue de plus belle avec des efforts physiques les plus grands pour envelopper l’ennemi vers Compiegne. Nous nous heurtons au 94º qui a été repoussé avec de fortes pertes; plusieurs compagnies de ce régiment sont fondues et réduites à 40 hommes; nous cantonnons ici; mais quelque chose de bien! Dieu! quelles délices!... Nous faisons un brin de toilette, mangeons et buvons à cœur joie et songeons en rêve à vous là-bas!
Le 11 septembre, mouvement tournant vers Chaulny.... Nous arrivons en cantonnement d’alerte à Chaulny vieux repaire de brigands. Après quelques heures de sommeil, nouveau départ à 3 h. du matin. Le 12 septembre nous nous fortifions à 10 Klm de Chaulny dans des tranchées: il ne s’y passe pas longtemps que nous y sommes vivement bombardés par l’artillerie; à ce moment s’engage un violent combat d’artillerie. Vers 5 h. du soir, nous entrons dans l’action, mais nous ne pouvons avancer que jusqu’à une pente abrupte où nous restons couchés sous des torrents d’eau jusque dans la nuit....
... Malheureusement nous sommes encore trop faibles dans cette position; le rapport vient à l’instant que notre 2º Corps arrivera ou doit arriver dans l’après-midi: de ces sortes de promesses, on nous en fait toujours, mais? Celui qui va croire ou se laisser conter que les Français fuient devant quelques fusils ou canons allemands se trompe joliment et ne sait rien. Jusqu’à présent nous sommes obligés de dire que les Français sont un adversaire honorable que nous ne devons pas juger au-dessous de sa valeur. Ici, aussi, il se passe des choses qui ne devraient pas être; oui, des atrocités sont commises ici aussi, mais naturellement sur les Anglais et les Belges, tous sont abattus sans pardon à coups de fusil....
VI
DOCUMENTS SELECTED FROM THE REPORTS OF THE EXTRAORDINARY COMMISSION OF INQUIRY APPOINTED BY HIS MAJESTY THE EMPEROR OF RUSSIA
I. Violation of a Sister of Mercy.
A Sister of Mercy, wearing the sign of the Red Cross, was seized by German and Austrian troops on April 20th, 1915, at the station of Radzivilishki and shut up in a cart-shed.
“On the fourth day several officers visited her in the cart-shed and demanded information from her as to the positions of the Russian troops. They then beat her with swords and pricked her body with needles. On the same day she was taken to the third line of German entrenchments and lodged in a ‘dug-out’ occupied by German officers. Here she was violated, and during a week and a half several German officers frequently committed violent acts of copulation with her, and kept her in the ‘dug-out’ without clothes under a special guard. At last she succeeded in escaping from the trenches. With the help of a Lithuanian peasant she made her way to the Russian positions, where she arrived in an almost unconscious state. First medical aid was at once administered, as it was found she was suffering from inflammation of the peritoneum and cellular membrane surrounding the matrix. On examining her for marks of violence, bruises were visible in the region of the shoulder and on the thighs and legs.”