N'est-ce pas la Pensée qui créa les arts et les sciences, qui, s'élevant jusqu'à la cause première, terme de ses conquêtes, y découvrit la Divinité, dont elle établit le culte universel, comme le plus puissant mobile de la civilisation?
Combien n'est-il pas consolant, au milieu des parens et des nombreux amis qui entourent cette tombe, d'y professer, d'y confirmer le dogme de l'immortalité de l'âme, et de pouvoir y proclamer que Sidney-Smith n'est pas mort tout entier?
Oui, messieurs, le principe intellectuel qui nous anime, est incontestablement un être, et cet être est immortel. Pourrait-il donc s'anéantir, quand les organes matériels de nos corps sont eux-mêmes éternels dans leurs élémens?
L'orateur qui vient de retracer avec tant de talent, la carrière de l'illustre Amiral, vous a signalé la restitution des cendres de l'empereur Napoleon a la France, par le gouvernement Britannique, comme un gage de la parfaite harmonie, heureusement rétablie entre les deux nations. Je partage ce favourable augure, et tel fut le vœu le plus intime de Sidney-Smith, qui ne cessa de répéter que la civilisation du monde tenait essentiellement à l'alliance de la France et de l'Angleterre.
A l'aspect des restes de Napoléon, traversant l'Océan pour recouvrer un tombeau dans sa patrie, j'aime à prévoir que les restes de Sidney-Smith seront pareillement réclamés par son gouvernement, et qu'à leur tour, ils traverseront la mer, pour être déposés à Westminster, dans le lieu consacré à la sépulture des rois et des reines, ainsi qu'à celle des grands hommes de l'Angleterre.