«Un peintre qui voudroit monter son imagination, et se faire des grandes idées des ravages du tems sur de grands objects, devroit aller au pied de Saleve, à l'extrémité des ces grands rochers, au-dessus du coin, hameau fort élevé de la paroisse de Collonge.

«On voit là des rochers taillés à pic à la hauteur de plusieurs centaines de pied avec des faces, ici planes et uniformes, là partagées et sillonnes par les eaux.

«La base de ces rochers est couverte de débris et de fragmens énormes, confusément entassés; un de ces débris soutenu fortuitement par d'autres est demeuré, et paroît de près un obélisque quadrangulaire d'une hauteur prodigieuse; de plus loin on reconnoît que sa sommité est une arrête tranchante, et qu'il a la forme d'un coin; et c'est peut-être cette forme qui a donné son nom au hameau qu'il domine.

«L'Angle même de la montagne est partagé par une fente qui le traverse de part en part. Cette profonde fissure mérite qu'on la voye, et même qu'on la pénètre. Elle est tortueuse, et dans quelques endroits si étroite, qu'à peine un homme peut il y passer. Quand vous y êtes engagés vous trouvez des places ou les sinuosités du rocher vous cache le ciel, plus loin elles le laissent apercevoir par échappées; ailleurs vous voyez des blocs de rochers engagés dans la crevasse, et suspendus au-dessus de votre tête.»

In his route from Contamine to Bonneville, he observes, page 365, «Enfin vis-a-vis la Bonne-ville, ces mêmes escarpemens des bases du mole, présentent une grande échancrure, qui paroît être le vuide qu'a laissé une montagne qui s'est anciennement écroulée; ses débris sont encore entassés au-dessous de l'échancrure. Il paroît même qu'elle étoit plus élevée que ses voisines, j'en juge par leur couches qui montent à droite et à gauche, contre le vuide qu'elle à laissé.

«§ 493. En suivant la route de servez, on voit sur sa gauche la continuation des rocs escarpés qui couronnent les montagnes situées au-dessus de Passy. Un de ces rochers est si élevé, et en même tems si mince que l'on a peine à concevoir qu'il puisse se tenir debout et résister aux orages.

«C'est auprès de cette sommité élevée qu'étoit située une montagne qui s'éboula en 1751, avec un fracas si épouvantable, et une poussière si épaisse et si obscure, que bien de gens crurent que c'étoit la fin du monde.»

Vitaliano Donati, who was sent from Turin to examine this phenomenon, says in his letter, which M. de Saussure transcribes, that the great snows, which fell that year in Savoy, increasing the operation of some lakes, the waters of which continually undermined this mountain, occasioned the fall of three millions of cubic toises of rock.

In describing the Saleve, our author proceeds to mention other appearances equally conclusive with regard to the operations of water, but such as may be found over all the surface of the globe, to have been brought about by natural causes. «Ce que l'on nomme le Grottes de l'Hermitage, ou ces excavations profondes de 30 pieds, et 8 ou 10 fois aussi longues produites par la destruction totale de plusieurs couches de rocher.

«La gorge même de Monetier, ou cette grande échancrure qui sépare le grand Saleve du petit, et dans le fond de laquelle est renfermé le joli vallon de Monetier, paroît avoir été formée par un courant semblable, qui descendant des Alpes par la vallée de l'Arve, venoit se jetter dans notre grand courant; car les couches correspondantes du grand et du petit Saleve indiquent leur ancienne jonction; et l'on ne comprend pas quel agent auroit pu détacher et emporter la pièce énorme qui manque en cet endroit à la montagne.»