We have now mentioned the two extreme states of things; but the constitution of this earth is no other than an indefinite number of soils and situations, placed between those two extremes, and graduating from the one extreme, in which some species of animals and plants delight in finding their prosperity, to the other, in which another species, which would perish in the first, are made to grow luxuriantly. That is to say, the surface of this earth, which is so widely adapted to the purpose of an extensive system of vegetating bodies and breathing animals, must consist of a gradation from solid rock to tender earth, from watery soil to dry situations; all this is requisite, and nothing short of this can fulfil the purpose of that world which we actually see.
We have been representing this continent of our earth as coming out of the ocean a solid mass, which surely it is in general, or in a great degree; but we find the surface of this body at present in a very different state; and now it will be proper to take a view of this change from solid rock to fertile soil.
Upon this occasion I shall give the description of nature from the writings of a philosopher who has particularly studied this subject. It is true that M. de Luc, who furnishes the description, draws, from this process of nature, an argument for the perpetual duration or stability of mountains; and this is the very opposite of that view which I have taken of the subject; but as, in this operation of nature producing plants on stones, he allows the surface of the solid stone to be changed into earth and vegetables, it is indifferent to the present theory how he shall employ this earth and vegetable substance, provided it be acknowledged that there is a change from the solid state of rock to the loose or tender nature of an earth, from the state of a body immovable by the floods and impenetrable to the roots of plants, to one in which some part of the body may be penetrated and removed.
[8]«Les pluies et les rosées forment partout où elles séjournent, des dépôts qui sont la première source de toute végétation. Ces dépôts sont toujours mêlés des semences des mousses, que l'air charie continuellement, et auxquelles se joignent bientôt les semences presque aussi abondantes des gramens, qui sont l'herbe dominante de nos prairies. Ainsi partout où la pluie a formé quelque petit dépôt, il croît de la mousse ou des gramens. Ceux-ci demandent un peu plus de terre végétale pour croître, ils germent, et se conservent principalement dans les intervalles et les creux des pierres: mais la mousse croît bientôt sur la surface la plus unie. Il n'est aucune pierre long-temps exposée à l'air, qui soit parfaitement polie; l'action de l'air, du soleil, des eaux, des gelées, detruiroit ce poli quand il existeroit. Le moindre creux alors reçoit un dépôt de la pluie, et nourrit un brin de mousse, ces brins poussent des racines; et de nouveaux jets autour d'eux, qui contribuent à arrêter l'eau de la pluie et de la rosée, et par ce moyen à arrêter les dépôts Nourriciers.»
Footnote 8:[ (return) ] Histoire de la Terre, Tom. 2. page 26.
«Quand la mousse a multiplié ses filets, les dépôts s'augmentent plus rapidement encore; les brins de la mousse, en séchant et pourrissant, en forment eux-mêmes; car leur substance n'étoit que ces mêmes dépôts façonnés: d'autres semences charriées par l'air, qui au-paravant glissaient sur les pierres, parce que rien ne les retenoit, tombent dans le fond de la mousse, et y trouvent l'humidité nécessaire pour produire leurs premières racines: celles-ci s'entrelassent dans la mousse, où elles se conservent à l'abri du soleil, et sont alors autant de petites bouches qui pompent les sucs, que l'air, les pluies, et les rosées y déposent. Ces premières plantes sont foibles, quelque fois même elles ne parviennent pas à leur perfection: mais elles ont contribué à fixer la terre végétable. En séchant et se décomposant, elles se transforment en cette terre, qui tombe au fond de la mousse, et qui prépare ainsi de la nourriture pour de nouvelles plantes qui alors prospèrent et fructifient.
«Nous connoissons peu encore ce que c'est que cette terre végétable, ce dépôt des pluies ou en général de l'air. Cependant, en rassemblant les phénomènes, on peut conjecturer, que la plupart des corps terrestres sont susceptibles d'être changés en cette substance, et qu'il ne s'agit pour cette transformation que de les décomposer. J'entends par là une telle division de leurs parties, que devenant presque des élémens, elles puissent être intimement mêlées à l'eau, et pompées avec elle par les tuyaux capillaires des plantes. En un mot, il semble suffisant qu'une matière puisse entrer en circulation dans les végétaux, pour qu'elle serve à en développer le tissu, et qu'elle y prenne la figure et les qualités que chacun de ces laboratoires est propres à produire.
«Nous pouvons accélérer de bien des manières la transformation des matières terrestres en terre végétable. La fermentation, la calcination, une plus grande exposition à l'air, différens mélanges, rendent propres à la végétation, des matières qui ne l'étoient par elles-mêmes: voila ce que peuvent nos soins. Mais l'air travaille sans cesse et en mille manières. Son simple frottement sur tous les corps, en enlève des particules si atténuées que nous ne les reconnoissons plus. La poussière de nos appartemens en est peut-être un exemple. De quelque nature que soient les corps dont elle se détache, c'est une poudre grisâtre qui semble être partout la même. La formation de la terre végétable a probablement quelque rapport à celle-là. Toute la surface de la terre, les rocs les plus durs, les sables et les graviers les plus arides, les métaux même, éprouvent l'action rongeante de l'air et leurs particules atténuées, décomposées, recomposées de mille manières, sont probablement la source principal de la végétation. L'air lui-même ainsi que l'eau, s'y combinent: beaucoup d'observations et d'expériences nous prouvent que ces deux fluides fournissent leur propre substance aux parties solides des végétaux, et par conséquent à la terre végétable qui les produit et qu'ils déposent. Quantité de plantes se nourrissent de l'eau seule, et nous laissant cependant en se séchant, un résidu de matière solide permanente. L'air aussi se fixe dans les corps terrestres, il fait partie de leur substance solide; les chimistes savent de plus en plus, et le fixer, et lui redonner son élasticité primitive, par divers procédés: et avant la multitude d'expériences qui se sont de nos jours sur cet objet intéressant de la physique, le Dr. Hales avoit montré, que les végétaux renferment une très-grande quantité d'air, qui s'y trouve sans ressort et comme matière constituante.
«Voila donc probablement les sources où la nature puise peu à peu la terre végétable dont elle recouvre la surface de nos continens. Ce sont les particules, peut-être, de tous les corps tant solides que fluides, extraites ou fixées par des procédés qui les rapprochent de leurs premiers élémens, et leur font prendre à nos yeux une même apparence. Ces particules sont ainsi rendues propres à circuler dans les semences des plantes, à en étendre le tissu à y prendre toutes les propriétés qui caractérisent chaque espéce, et à les conserver tant que la plante existe. Ces mêmes particules, après la destruction des plantes, prennent le caractère général de terre végétable, c'est-à-dire de provision toute faite pour la végétation.
«Les plus petits recoins des montagnes, qui peuvent arrêter l'eau de la pluie, sont certainement fertilisés; ce ne sont pas seulement les grandes surfaces plates, ni les pentes; ce sont même les faces escarpées des rochers les plus durs. S'il s'y fait quelque crevasse, un arbre s'y établit bientôt; et souvent il contribue, par l'accroissement de ses racines, à accélérer la chute du lambeau de rocher qui l'avoit reçu. S'il y a quelque petite terrasse, ou seulement quelque partie saillante grande comme la main, elle est bientôt gazonnée. Les plus petites sinuosités se peuplent de plantes; et les surfaces les plus unies, celles mêmes qui sont tournées vers la bas, reçoivent au moins quelqu'une de ces mousses plates, nommés lichen par les botanistes, qui ne font en apparence que passer une couleur sur la pierre. Mais cette couche est écaillée, et elle loge bientôt de petites plantes dans ses replis; de celles qui veulent l'ardeur du soleil, si le rocher est au midi, ou la fraîcheur de l'ombre, s'il est au nord: c'est sur ces rochers en un mot, qui paroissent nues aux spectateurs ordinaires, que se trouve la plus grande variété de ces petites plantes, qui font les délices des botanistes, et l'une des sources les plus abondantes où la médicine puise les secours réels qu'elle fournit à l'humanité.