«Quelle richesse dans les ressources de la nature! La pesanteur n'est pas plus prête à entraîner les pierres qui se détachent des montagnes, que l'air à fournir de semences celles qui se fixent: et dès qu'une fois elles sont recouvertes de plantes, elles sont certainement fixées pour toujours, du moins contre les injures de l'air. Le fait même nous l'annonce. Si ces ravins ou ces terreins quelconques, tendoient encore à rouler ou à se dégrader, en un mot à se detruire de quelque manière que ce fut, ils ne le recouvriroient, ni de mousses ni d'aucune autre plante. La première végétation est due à quelque dépôt de terre végétable; et les pluies ou l'air n'en forment que lentement; le moindre mouvement la détruite. Le terrein est donc bien certainement fixe quand il se recouvre de plantes; et s'il s'y accumule de la terre végétable, c'est un signe bien evident que rien ne l'attaque plus: car elle seroit la première emportée si quelque cause extérieure tendoit a detruire le sol qui la porte.»
The doctrine here laid down by our author consists in this; first, That there is a genus of plants calculated to grow upon rocks or stones; those hard bodies then decay, in decomposing themselves, and affording sustenance to the plants which they sustain. Secondly, That by this dissolution of those rocks, and the accumulation of those vegetable bodies, there is soil prepared for the nurture and propagation of another genus of plants, by which the surface of the earth, naturally barren, is to be fertilised. It is also in this natural progress of things that the solid parts of the globe come to be wasted in the operations of the surface, and that lofty rocks are levelled, in always tending to bring the uneven surface of the earth to a slope of vegetating or fertile soil.
Here we are to distinguish carefully between the facts described by this author, who has seen so much of nature, and the conclusion which he would draw from his principles. The surface of most stones are dissolved, or corroded by the air and moisture. This gives lodgement to the roots of plants, which grow, die, and decay; and these are carried away with the earthy parts of the solid stone, in order to form a vegetable soil for larger plants, growing upon some bottom or resting place to which that earth is carried. Here is so far the purpose of rocks, to sustain a genus of plants which are contrived to live upon that soil; and here is so far a purpose for certain plants, in decomposing rocks to form a soil for other plants which have been made upon a larger scale, and are adapted to the use of man, the ultimate in the view of nature.
Our author concludes thus: (p. 37.) «Le tems ne fera qu'augmenter l'épaisseur de la couche de terre végétable qui couvre les montagnes, et qui les garantit ainsi de plus en plus de cette destruction à laquelle on les croit exposés: les pluies en un mot, au lieu de les dégrader comme on se l'imagine y accumuleront leurs dépôts. Tel est l'agent simple qu'employe si admirablement le Createur pour la conservation de son ouvrage.»
Such, indeed, is the admirable contrivance of the system, that, in the works of nature, nothing shall be destroyed more than is necessary for the preservation of the whole. But, that the whole is preserved by the necessary destruction of every individual body, and the change of every part which comes within the examination of our senses, is sufficiently evident to require no farther illustration in this place, where we are contemplating the destruction of the strongest things, by means the most effectual, though really slow, and apparently most feeble.
In his 30th letter, this author describes the progress of nature, in bringing precipitous rocks to that slope and covering of soil which is to maintain plants of every kind, and to establish woods. (P. 40.) «J'ai l'honneur d'exposer à V.M. les causes qui garantissent de destruction extérieure les terreins sur lesquels la pesanteur ne peut plus agir que pour les consolider. Mais ce n'est pas ainsi que sont actuellement la plupart de nos montagnes; il en est peu qui soyent déjà parvenus à cet état permanent. Tout roc nud est attaqué par l'air et les météores, et il tend à se détruire quelle que soit sa dureté. Mais ce seroit peu que cette destruction extérieure; elle pourroit même cesser enfin totalement par l'effet seul des mousses, s'il n'y avoit pas des causes plus puissantes qui pendant quelque tems agissent dans l'intérieur.
«Il n'est presque point de rocher qui offre à l'air une seule masse compacte; ils sont ou crevassés, ou formés par couches; et l'eau s'insinue toujours dans ces fentes. Quand cette eau vient à se geler, elle agit comme un coin pour écarter les pièces entre lesquelles elle se trouve. V.M. seroit étonnée de la grandeur des masses que cette cause peut mouvoir: elle agit exactement comme la poudre à canon dans les mines; détachant toutes les pièces extérieures qui commencent à se séparer, et en découvrant ainsi de nouvelles. Chaque hiver renouvelle donc la surface de certains rochers, ou facilite l'ouvrage pour les hivers suivans.
Plusieurs autres causes agissent encore pour séparer les rochers déjà crevassés, qui se trouvent à l'extérieur des faces escarpées. Le petit moellon qui s'y accumule, les dépôts des pluies, les plantes qui y croissent, les alternatives de l'humidité et de la sécheresse, les vicissitudes de la chaleur, les vents même, sont autant de causes continuellement agissantes quand la pesanteur les seconde. Les rochers escarpés se détruisent donc par de continuels éboulemens.
«Mais toutes ces matières qui tombent, ne sont pas perdues pour les montagnes; il s'en perd même bien peu. Elles s'arrêtent au pied des rochers dont elles sont successivement détachées; et là elles s'entassent, s'élevant en forme de talus contre ces rochers eux-mêmes.»
If the solid body of the Alps, the most consolidated masses of our land, is thus reduced to the state of soil upon the surface of the earth contrived for the use of plants, a fortiori, softer bodies, less elevated and less consolidated masses, will be considered as easily arriving at the purpose for which the surface of the earth has been intended. We only wish now to see the ultimate effect that necessarily follows from this progress of things; and how, in this course of nature, the land must end, however long protracted shall be the duration of this body, and however much economy may be perceived in this gradual waste of land;—a waste which by no means is so slow as not to be perceived by men reasoning in science; although scientific men, either reasoning for the purpose of a system which they had devised, or, deceived by the apparent state of things which truly change, may not acknowledge the necessary consequence of what they had perceived.