«16. De la pierre calcaire pure.
«17. De larges filons de spath calcaire jaunâtre mêlés de quartz, faisant feu au briquet, et une peu d'effervescence.
«18. De la pierre calcaire pure grise, plus foncée que dans le bas.
«19. Des couches calcaires jaunâtres.
«20. Enfin tout le haut n'est que pierre calcaire grise et dénaturée. Cette partie supérieure du monte est fort étendue. Tout ce qui est sur le local qui va en pente assez douce vers le milieu, n'a pas été assujetti à de roulis et à des frottemens, il n'y a que la longueur du tems qui l'ait dégradé, et lui ait imprime le caractère de la vétusté. On ne voit que des pierres calcaires, elles sont remplies de trous, de fentes, et de crevasses; beaucoup, paroissent poreuses comme de la la pierre ponce grossière; le séjour des neiges des eaux, la gelée, et l'intempérie des saisons a tout fait. On voit de tous côtés que l'eau s'y infiltre et s'y perd. L'arrangement de cette espèce de pierre par couches, facilite l'entrée des eaux dans l'intérieur de la montagne pour aller donner naissance à des sources, à des torrents, et quelquefois à d'assez fortes rivieres qui sortent du pied de ces montagnes calcaires; lors de la fonte des neiges, l'eau ne se verse point des sommets de ces sortes de montagnes comme de dessus les autres espèces de rochers qui absorbent moins les eaux. Dans le milieu de ce haut il y a un petit lac d'un grand quart de lieue de long de forme ovale, ou se rassemblent les eaux des neiges fondues; il n'y a point d'issues à ce lac, ses eaux sont absorbées, et se perdent dans l'intérieur de la montagne; il n'y avoit que peu de glace alors sur ce lac, mais il y avoit encore beaucoup de neiges aux environs; un glacier est sur la droite, se prolonge et va fermer le sommet du vallon où est Loiche; c'est le même glacier qu'on apperçoit derrière les sources chaudes. Deux aiguilles de rocher en cône, fort hautes s'élèvent au-dessus du sommet; elles sont toujours couvertes de neiges: leur ressemblance et leur proximité a donné le nom de Gemmi Jumeaux, à cette montagne—On voit à ses pieds à une profondeur immense le village de Loiche, qui paroît être tout au pied du rocher; il faut cependant une grand heure et demie pour s'y rendre, tant la hauteur diminue le point de perspective. Le chemin qui est pratiqué dans ce rocher, y a été par-tout taillé; il le contourne certains endroits, dans d'autres il est creusé de façon qu'il forme une voûte couverte, et qu'on a le rocher suspendu au-dessus de soi. Il est rare de trouver l'occasion de pouvoir examiner de détailler avec autant de facilité une montagne d'une pareille hauteur. A compter des galleries jusqu'aux glaciers de la Gemmi, ces rochers perpendiculaires et à pic ont plus de trois lieues d'étendue; ils diminuent en hauteur à mesure que le pays s'élève, et se confond dans les plus hautes alpes, qui sont surmontées d'autre masses de rochers.
«De l'autre coté du vallon, et vis-à-vis des montagnes qui forment celles de la Gemmi, est la montagne du midi, séparée par la Dala, torrent qui vient du glacier à la tête du vallon, dont les eaux paroissent avoir creusé le lit étroit et profond. Cette montagne est calcaire comme la Gemmi, et paroît en avoir fait partie: je n'ai pu vérifier nulle part si elle étoit posée sur des schistes: tout est dans un grand bouleversement sur sa pente qui est fort rapide. A environs trois quarts de lieue des bains, un sentier fort difficile, qui passe sur les décombres de cette montagne et dans des bois de sapins fort obscurs, conduit par un pente fort rapide a un rocher perpendiculaire, comme sont presque tous ceux du canton on y trouve des échelles appuyées contre; on parvient à la première, en grimpant par les avances et les saillies du rocher; d'autres roches facilitent le moyen d'arriver à la seconde; on trouve ainsi sept échelles dont quelques-unes sont fort hautes, et par lesquelles on se guide au sommet de ce rocher; on est bien surpris d'y trouver un terrain en pente, où il y a des champs labourés et des vignes qui entourent le village d'Albinien, dont les habitans ont placé ces échelles pour raccourcir le chemin qui conduit à Loiche, où ils vont vendre leurs denrées.
«Nous quittons les bains de Loiche pour nous rapprocher du Rhône: on repasse par Inden, on ne trouve ensuite que des pierres, des rochers, des escarpemens; c'est un chemin des plus mauvais jusqu'au bourg de Loiche; c'est pour éviter ce chemin qu'on a fait celui des galleries. Le bourg de Leuck, ou Loiche, est un des principaux endroits du Vallais, bâti en pierres, dans une position fort élevée et très-forte; l'art avoit encore ajouté anciennement à la force de son assiette, il y a encore d'anciens forts et des tours; toute cette hauteur est calcaire; on a la plus belle vue de ce lieu, elle s'étend sur tout le bas Vallais jusqu'au dela de Martigny; nous avons donné une foible idée de cette vue, avant d'arriver aux bains de Loiche, car les expressions manquent pour rendre ces grands tableaux. Un spectacle bien intéressant pour ceux qui étudient les changemens qui arrivent journellement à la surface du globe, est la vue du Kolebesch, montagne fort élevée en face du bourg de Leuck, et de l'autre côté du Rhône; cette montagne est calcaire ainsi que la chaîne sur la rive gauche du Rhône, du moins la partie avancée qui forme le vallon où coule ce fleuve. Des chutes, des éboulemens y ont produit de grands changemens; les eaux et les torrens qui viennent des parties élevées, ont entraîné ces débris, les ont déposés aux pieds de la montagne, et en ont formé une colline qui a plus d'une demie-lieue jusqu'au Rhône, et plus d'une grande lieue de large, en forme circulaire; elle s'étend vers le haut et le bas Vallais; la partie supérieure est couverte de prés et des pâturages; celle du côté du bas Vallais est couverte d'une forêt; elle va en pente douce; la grosseur des arbres prouve combien la formation de ce terrain est ancienne. Depuis la consolidation de ce terrain des torrens nouveaux y ont creusé un ravin large et profond, par lequel s'écoulent actuellement les eaux des montagnes, et les pierres qu'elles en arrachent. Le Rhône mine et emporte le pied de cette colline qui resserroit son cours, avec ces matériaux il va plus loin former des atterrissemens composés des matières les plus pesantes; les parties les plus fines le limon suspendu dans ces eaux servent ensuite à couvrir les anciens atterrissemens, au moyen desquels ils deviennent susceptibles de toute espèce de végétation; ses eaux finissent de s'épurer dans le lac Leman, d'ou il sort clair et limpide, ainsi que toutes les rivieres qui sortent des lacs jusqu'à ce que d'autre torrens, tombant des montagnes, viennent les troubler de nouveau.»
Here is a most satisfactory view of the structure of this country on each side of the Rhône; strata of lime-stone and schisti, almost horizontal or little inclined, compose the mountains from their most lofty summits to the deepest bottom of those valleys. Such mountains cannot have been formed in any other manner than by the waste and degradation of their horizontal strata; consequently, here we are certain, that, from the summit of the Gemmi to those upon the other side of the Rhône, all the solid substance had been hollowed out by water. Thus were formed the valleys of the Rhône, the Dala, and a multitude of others.
M. de Saussure has given us a description of a tract of alpine country of the same kind with that of the Vallais now considered, so far as the strata are here in a horizontal position, instead of that highly inclined situation in which those primary bodies are commonly found. It is the description of Mount-Rosa Journal de Physique, Juillet 1790.
Here the same interesting observation may be made with regard to the immense destruction which must necessarily have taken place, in the elevated mass of solid earth, by the dissolving or wearing power of running water; and this will be clearly explained by the formation of those mountains and valleys, which, while they correspond with mountains and valleys in general, have something particular that distinguishes them from most of the Alps, where the strata, being much inclined, give occasion to form ranges of peaks disposed in lines according to the directions of the inclined strata. Here on the contrary, there being no general inclination of the strata to direct the formation of the peaks, they are found without any such order. I shall give it in M. de Saussure's own words.