UNE ISRAÉLITE seule.
Quel carnage de toutes parts!
On égorge à la fois les enfants, les vieillards,
Et la soeur et le frère,
Et la fille et la mère,
Le fils dans les bras de son père. 320
Que de corps entassés! que de membres épars
Privés de sépulture!
Grand Dieu! tes saints sont la pâture
Des tigres et des léopards.
UNE DES PLUS JEUNES ISRAÉLITES.
Hélas! si jeune encore, 325
Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur?
Ma vie à peine a commencé d'éclore.
Je tomberai comme une fleur
Qui n'a vu qu'une aurore.
Hélas! si jeune encore, 330
Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur?
UNE AUTRE.
Des offenses d'autrui malheureuses victimes,
Que nous servent, hélas! ces regrets superflus?
Nos pères ont péché, nos pères ne sont plus,
Et nous portons la peine de leurs crimes. 335
TOUT LE CHOEUR.
Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats.
Non, non, il ne souffrira pas
Qu'on égorge ainsi l'innocence.
UNE ISRAÉLITE seule.
Hé quoi? dirait l'impiété,
Où donc est-il ce Dieu si redouté 340
Dont Israël nous vantait la puissance?