Gosselies, le 16 juin 1815,
10 heures et quart du matin.
Monsieur le Maréchal,
J’ai l’honneur d’informer Votre Excellence du rapport que me fait faire verbalement le général Girard par un de ses officiers.
L’ennemi continue à occuper Fleurus par de la cavalerie légère qui a des vedettes en avant; l’on aperçoit deux masses ennemis venant par la route de Namur et dont la tête est à la hauteur de Saint-Amand; elles se sont formées peu à peu, et out gagné quelque terrain à mesure qu’il leur arrivait du monde: on n’a pu guère juger de leur force à cause de l’éloignement; cependant ce général pense que chacune pouvait d’être de six bataillons en colonne par bataillon. On apercevait des mouvements de troupes derrière.
M. le lieutenant général Flahaut m’a fait part des ordres qu’il portait à Votre Excellence; j’en ai prévenu M. le comte d’Erlon, afin qu’il puisse suivre mon mouvement. J’aurais commencé le mien sur Frasnes aussitôt que les divisions auraient été sous les armes; mais d’après le rapport du général Girard, je tiendrai les troupes prêtes à marcher en attendant les ordres de Votre Excellence, et comme ils pourront me parvenir très vite, il n’y aura que très peu de temps de perdu.
J’ai envoyé à l’empereur l’officier qui m’a fait le rapport du général Girard.
Je renouvelle à Votre Excellence les assurances de mon respectueux dévouement.
Le général en chef du 2e corps.
Comte Reille.