“Cannes, 10 Mars, 1867.

“En ce qui concerne la réforme, il me semble toujours que le beau rôle est à notre ami M. Lowe. Lui seul est dans le vrai et a le courage de son opinion. Ménager la chèvre et le chou est chose bien difficile, et je ne crois pas possible de faire une réforme définitive. Autant vaut prétendre s’arrêter au milieu d’une glissade que de fixer les conditions du droit électoral pour toujours ou même pour longtemps. Si on détruit ce qui existe, on ne retardera guère le suffrage universel.”

Happily we have not arrived as yet quite so far as that, although could Mérimée now see us, he might possibly be disturbed at finding that his forebodings of evil were not wholly without foundation, and that he was justified in predicting that tendency on our part towards the American system of politics which he so much disliked. Altogether he views England and its institutions from a strong Conservative standpoint, which position, however, enables him to be a good deal more complimentary to us than to his own countrymen:—

“Cannes, 2 Avril, 1866.

“Tout le monde devient-il fou? C’est ce que je me demande souvent en lisant les journaux. Je ne parle pas seulement des Allemands dont c’est l’état habituel, mais des gens que je suis habitué à considérer comme possesseurs de la plus haute dose de raison qui ait été accordée à la nature humaine. Cette affaire du ‘Reform Bill’ chez vous me semble de plus en plus incompréhensible et je suis désolé que Mr. Gladstone y ait mis les mains. Que cela réussisse cette fois ou non, je ne crois pas que le vieux prestige de l’Angleterre survive à cette épreuve. Elle est comme un vieux bâtiment encore très solide, mais qui menace de s’écrouler dès qu’on y fait des réparations maladroites. Ce qui me frappe surtout, c’est l’imprévoyance ou plutôt l’insouciance de l’avenir de la part de vos hommes d’Etat. C’est tout à fait le 'furia francese’ qui cherche en tout la satisfaction du moment. Vous paraissez croire que le ministère se trouvera en minorité, mais on dit qu’il fera une dissolution dans l’espoir que les élections faites sous la pression démocratique lui seront favorables. A en juger par le ton du Times qui semble désespérer, je serais tenté de croire que, dans ce Parlement même, la majorité est fort incertaine et que les Ministres actuels ont d’assez grandes chances de succès. Vous me parlez de Lord Stanley comme “Premier” probable, et en même temps de M. Lowe comme devant occuper une place importante dans un nouveau Cabinet.”

The most old-fashioned politicians amongst us, however they might regret the decadence of old systems and deplore those changes which time and necessity have forced upon us, would probably hardly have the courage to utter such words as these:—

“Dimanche, 13 Mai, 1866.

“Je ne comprends pas grand’chose au second ‘Bill’ de réforme. Il me semble seulement que c’est un grand coup de marteau dans le vieil édifice. Le résultat sera de diminuer la ‘qualité’ des membres du Parlement, laquelle n’est pas déjà si brillante. Je vois dans les journaux qu’on se félicite de voir ôter aux fils de grandes maisons, des bourgs qui étaient à leur dévotion. A mon sens, c’était un des beaux côtés de l’Angleterre que cette initiation de jeunes aristocrates à la vie politique dès leur sortie de l’Université. C’est ainsi que Fox, Pitt et Lord Palmerston sont devenus de bonne heure des hommes d’Etat. Vous aurez en place des industriels et des négociants, c’est-à-dire des niais et des esprits étroits, excluant systématiquement toute grandeur de la politique. On fera ainsi une Angleterre semi-démocratique inférieure à beaucoup d’égards à la vraie et terrible démocratie des Etats-Unis.”

Some of his compatriots, while admitting the good sense and experience shown in the general proposition contained in the following passage may not be quite so ready to admit its application to their own particular notions:—

“Cannes, 22 Février, 1866.