It is thought that the following document, written in Count Cavour’s own hand, may interest the reader. It is well known that the Italian Statesman was in the habit of supplying Panizzi from time to time with information, for the purpose of publication in the English newspapers.
(1852?)
“Peu de pays se sont trouvés placés dans une situation financière plus difficile que ne l’a été la Sardaigne après la désastreuse campagne du printemps 1849. Avec un trésor vide, le Gouvernement avait à songer à faire face aux frais de l’occupation étrangère qui dura plusieurs mois, à liquider les frais de deux guerres malheureuses, à fournir des secours aux nombreux infortunés qui venaient chercher en Piémont un refuge contre les atteintes de la réaction, partout ailleurs triomphante en Italie.
Plus tard il eut à pourvoir au payement de l’énorme indemnité de guerre stipulée en faveur de l’Autriche par la paix de Milan, et il dut songer à poursuivre les grands travaux publics entrepris par Charles-Albert qu’on n’eût pu interrompre sans éprouver d’immenses dommages.
Quand ou songe que toutes ces difficultés étaient aggravées encore par l’existence d’un papier ayant cours forcé, on sera forcé de convenir que M. d’Azeglio et ses collègues, en acceptant le pouvoir le lendemain de la bataille de Novara, firent preuve d’un grand courage et d’un dévouement sans bornes à leur Roi et à leur pays.
Le nouveau Ministre des Finances, M. Nigra, pourvit aux premiers besoins par un emprunt volontaire; par la vente de quelques rentes, anciennes propriétés des finances, et l’émission de bons du trésor, qui, sans avoir cours forcé, furent acceptés sans murmures par les employés du Gouvernement et les fournisseurs de l’armée.
Quelques mois plus tard, le calme et la confiance étant rétablis, toute crainte de réaction ayant disparu, grâce à la loyauté du jeune Roi, le Ministre jugea le moment venu pour contracter un emprunt à l’étranger.
Il parvint à le faire, à des conditions, qui eu égard aux circonstances financières et économiques de l’Europe, peuvent être considérées comme avantageuses.
Ce premier emprunt, négocié en Octobre, 1849, avec Mess. de Rothschild, fut suivi de deux emprunts contractés également avec cette maison l’année suivante. Avec les ressources qu’ils procurèrent au trésor, il fut possible de solder avec exactitude l’indemnité de guerre due à l’Autriche; de liquider les dépenses arriérées des deux campagnes de 1848 et 1849, et enfin de pousser avec vigueur les travaux des deux grandes lignes de chemin de fer qui coupent le pays en forme de croix; celle de Turin à Gênes, et de Gênes au Lac Majeur.