S. Exc. M. le Marquis Visconti Venosta (Italie) déclare qu'il adhère au vœu dont S. Exc. le premier Délégué des États-Unis a pris l'initiative. Il reconnaît que, dans ces derniers temps, les Souverains du Maroc ont donné de preuves de tolérance vis-à-vis de leurs sujets non-musulmans; mais il ne reste pas moins à désirer que les conditions des juifs dans l'intérieur de l'Empire soient mises au même niveau et entourées des mêmes garanties que dans les villes et ports de la côte. La Conférence, dans le cours de ses travaux, s'est toujours préoccupée du progrès et de la prospérité du Maroc; elle restera fidèle au même esprit en exprimant à S.M. le Sultan le vœu que tous ses sujets, quelle que soit leur religion, soient appelés à jouir des mêmes droits, ainsi que du même traitement devant la loi et que les ordres que S.M. Chérifienne a donnés ou donnera à cet effet soient fidèlement exécutés. L'assentiment de l'Italie est toujours acquis à l'affirmation des principes de liberté religieuse qui sont une des bases de ses institutions politiques et sociales.

S. Exc. le Baron Joostens (Belgique) déclare que la Délégation belge s'associe entièrement à la déclaration que vient de faire S. Exc. M. le Marquis Visconti-Venosta.

LL. EE. le Jonkheer Testa (Pays-Bas), M. le Comte Cassini (Russie) et M. Sager (Suède) adhèrent aussi aux sentiments exprimés par MM. les premiers Délégués des États-Unis et d'Italie.

Le vœu proposé par S. Exc. M. White est adopté par l'unanimité des Délégués des Puissances.

LL. EE. MM. les Délégués marocains expliquent qu'ils ne manqueront pas de faire connaître cette décision à S.M. le Sultan, qui certainement aura à cœur de procéder dans l'espèce de la même façon que feu son père.

S. Exc. M. White (États-Unis) remercie MM. les Délégués des Puissances d'une adhésion qui répond si entièrement aux vues du Gouvernement des États-Unis et aux sentiments personnels du Président Roosevelt.

("Protocoles et Comptes Rendus de la Conférence d'Algésiras" (Paris, 1906), pp. 246-248.)

IV. THE PALESTINE QUESTION AND THE NATIONAL
RESTORATION OF THE JEWS.

Until quite recently the question of the national restoration of the Jews to Palestine did not play a conspicuous part, or, indeed, much of a part at all, in practical international politics. This is not a little strange in view of the great mass of religious opinion which has always been deeply interested in it. It may be profitable to indicate some of the reasons.

In the first place, from the middle of the second down to the middle of the nineteenth centuries the Palestine problem, as a political problem, was exclusively concerned with the custody of the Holy Places of Christendom. After the failure of the many attempts to oust the Turk, the question became one of diplomatic accommodation, and under the Capitulations with France and the Treaties of Carlowitz and Passarowitz between the Holy Roman Empire and the Grand Signior, various expedients were adopted by which Christian interests in Jerusalem might be reconciled with the local political rights of the Ottoman Porte. This difficult problem absorbed the Oriental activities of European diplomacy until after the Crimean War, and it left no room for the consideration of Jewish claims.