"Nous t'ordonnons de traiter leurs affaires avec toute justice et de ne rien nous cacher sur l'arbitraire des Gouverneurs à leur égard, car tous les hommes sont égaux pour nous en matière de justice.

"Le 22 Joumadi premier, an 1297."

Le Président donnant acte au Représentant du Maroc de cette communication, constate, au nom de tous les Plénipotentiaires, la vive satisfaction avec laquelle la Conférence accueille les déclarations qui viennent de lui être faites. Les Plénipotentiaires voient dans le principe, qu'elles établissent, d'un appel au Ministre des Affaires Étrangères, à la fois une preuve des sentiments de justice qui animent Sa Majesté Chérifienne à l'égard de ses sujets Israélites, et l'annonce du prompt accomplissement des vœux exprimés par la Conférence.

("British and Foreign State Papers," vol. lxxi. pp. 881-887.)

Extracts from Protocols of the Algeciras Conference, 1906.

No. 33. 2 Avril, 1906. Dix-septième Séance.

S. Exc. M. White (États-Unis) prononce ensuite les paroles suivantes: "Le Gouvernement des États-Unis d'Amérique a toujours considéré comme un devoir de s'associer à tout ce qui pourrait contribuer au progrès des idées d'humanité et assurer le respect dû à toutes les croyances religieuses. Animé par ces sentiments et par l'amitié qui a si longtemps subsisté entre lui et l'Empire marocain dont il suit le développement avec un profond intérêt, mon Gouvernement m'a chargé d'invoquer le concours de la Conférence, au moment où elle est sur le point de terminer ses travaux, en vue de l'émission d'un vœu pour le bien-être des israélites au Maroc. Je suis heureux de constater que la condition des sujets israélites de S.M. Chérifienne a été de beaucoup améliorée pendant le règne de feu le Sultan Mouley-el-Hassan et que le Sultan actuel paraît, autant qu'il lui a été possible, les avoir traités avec équité et bienveillance. Mais les agents du Makhzen, dans les parties du pays éloignées du pouvoir central ne s'inspirent pas toujours suffisamment des sentiments de tolérance et de justice qui animent leur souverain. La Délégation americaine vient donc prier la Conférence de vouloir bien émettre le vœu que S.M. Chérifienne continue dans la bonne voie inaugurée par son père et maintenue par Sa Majesté elle-même par rapport à ses sujets israélites et qu'elle vise à ce que son Gouvernement ne néglige aucune occasion de faire savoir à ses fonctionnaires que le Sultan tient à ce que les israélites de son Empire et tous ses sujets, sans distinction de croyance, soient traités avec justice et équité."

S. Exc. Sir Arthur Nicolson (Grande-Bretagne) déclare que, conformément aux instructions de son Gouvernement, il est heureux de se rallier à la proposition du premier Délégué des États-Unis.

S. Exc. M. le Duc de Almodovar del Rio (Espagne) s'exprime en ces termes: "Je m'associe, au nom de S.M. Catholique, aux hauts sentiments de tolérance religieuse qui viennent d'être exprimés par S. Exc. le premier Délégué des États-Unis; et je tiens d'autant plus à me rallier à sa proposition que le sort des populations israélites au Maroc, rattachées à l'Espagne par des liens de descendance et dont la langue habituelle continue à être la langue castillane, qui fut naguère celle de leurs ancêtres, est particulièrement intéressant aux yeux du peuple espagnol d'aujourd'hui."

LL. EE. MM. de Radowitz (Allemagne) et Revoil (France) se rallient également au vœu de M. le premier Délégué des États-Unis.