APPENDIX.
The following collection of Foreign Bulls was given us by a man of letters, who is now father of the French Academy.
RECUEIL DE BÊTISES.
Toutes les nations ont des contes plaisans de bêtises échappées non seulement à des personnes vraiment bêtes, mais aux distractions de gens qui ne sont pas sans esprit. Les Italiens ont leurs spropositi, leur arlequin ses balourdises, les Anglois leurs blunders, les Irlandois leurs bulls.
Mademoiselle Maria Edgeworth ayant fait un recueil de ces derniers, je prends la liberté de lui offrir un petit recueil de nos bêtises qui méritent le nom qu’elles portent aussi bien que les Irish bulls. J’ai fait autrefois une dissertation où je recherchois quelle étoit la cause du rire qu’excitent les bêtises, et dans laquelle j’appuyois mon explication de beaucoup d’exemples et peut-être même du mien sans m’en appercevoir; mais la femme d’esprit à qui j’ai adressé cette folie l’a perdue, et je n’ai pas pu la recouvrir.
Je me souviens seulement que j’y prouvois savamment que le rire excité par les bêtises est l’effet du contraste que nous saisissons entre l’effort que fait l’homme qui dit la bêtise, et le mauvais succès de son effort. J’assimilois la marche de l’esprit dans celui qui dit une bêtise, à ce qui arrive à un homme qui cherchant à marcher légèrement sur un pavé glissant, tombe lourdement, ou aux tours mal-adroits du paillasse de la foire. Si l’on veut examiner les bêtises rassemblèes ici, on y trouvera toujours un effort manqué de ce genre.
Un homme, dont la femme avoit été saignée, interrogé le lendemain pourquoi elle ne paroissoit pas à table, répondit:—“Elle garde la chambre: Morand l’a saignée hier, et une saignée affoiblit beaucoup quand elle est faite par un habile homme.”