Avec évidemment le risque souligné par les gutenbergs, les orphelins de la civilisation du livre: plus rien n'est sûr. Il n'y a plus de source fiable, elles sont trop nombreuses, et il devient difficile de distinguer un clerc d'un gourou. Mais c'est un problème qui concerne le contrôle de l'information. Pas la transmission des émotions.
Bref, pour répondre à votre question: oui, l'hypermédia a changé mon "écriture". Et c'est sur la toile mouvante que je trouve plaisir et sens à participer au site des cotres. A rouler mon hyper-caillou de facteur Sisyphe dans le grand fleuve de l'hyper.
= D'autres remarques à ajouter?
Le réseau dominant est celui de l'e-bizz : information, données, rationalité, ca$h. Illusionisme. C'est la marge, l'ourlet de la toile qui m'intéresse, l'enchantement, la magie : "Achète-moi, je ne vaux rien puisque l'amour n'a pas de prix" (Léo Ferré). Et il n'y a évidemment aucun avenir professionnel dans la gratuité.
Il faudrait aussi revenir en détail sur la question de la "lecture" sur un écran. Ce sera (peut-être) pour les prochains épisodes de notre grand hyper-feuilleton: Nasdaq & boutons.
*Entretien du 3 décembre 2000
= Comment se portent les cotres furtifs?
Les cotres roulent doucement sous la lune. Ils contemplent les constellations de la Toile, en attendant leur prochain décollage, dans la version 3.
= Quoi de neuf à titre personnel?
A titre personnel, je participe à un jeu de rôles hypermédia dont l'avenir me paraît prometteur, parce qu'il est en rapport étroit avec les lois de fonctionnement du "cyberespace": www.thewebsoap.net. Cette @dresse renvoie à une constellation de sites centrés chacun sur un individu. Ils communiquent et interagissent par leur boîte à lettres, ouverte au public. L'internaute a ainsi accès à plusieurs portes d'entrée dans l'histoire. La nouveauté du feuilleton est qu'il se déroule en "temps réel" (ce qui est impossible dans le monde de l'imprimé; quant aux séries télé, elles aussi sont cantonnées à la forme de l'épisode à horaire fixe).