= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?
Mon projet de design est à l'origine du concept, en 1996. Aujourd'hui, je participe avec d'autres à sa formalisation, les prototypes, design, logiciels, industrialisation, environnement technique et culturel, etc., pour transformer ce concept en un objet grand public pertinent.
Nous développons aussi Mot@mot, une passerelle entre @folio et les fonds numérisés en mode image, chez les éditeurs numériques ou dans les bibliothèques numériques, comme Gallica à la Bibliothèque nationale de France (35.000 ouvrages en ligne).
= Pouvez-vous présenter Mot@mot?
La plus grande partie du patrimoine écrit existant est fixé dans des livres, sur du papier. Pour rendre ces oeuvres accessibles sur la toile, la numérisation en mode image est un moyen très efficace. Le projet Gallica en est la preuve. Mais il reste le problème de l'adaptation des fac-similés d'origine à nos écrans de lecture aujourd'hui: réduits brutalement à la taille d'un écran, les fac-similés deviennent illisibles. Sauf à manipuler les barres d'ascenseur, ce qui nécessite un ordinateur et ne permet pas une lecture confortable.
La solution proposée par Mot@mot consiste à découper le livre, mot à mot, du début à la fin (enfin, les pages scannées du livre…). Ces mots restent donc des images, il n'y a pas de reconnaissance de caractères, donc pas d'erreur possible. On obtient une chaîne d'images-mots liquide, qu'on peut remettre en page aussi facilement qu'une chaîne de caractères. Il devient alors possible de l'adapter à un écran de taille modeste, sans rien perdre de la lisibilité du texte. La typographie d'origine est conservée, les illustrations aussi.
= Comment voyez-vous l'avenir?
Internet pose une foule de questions et il faudra des années pour organiser des réponses, imaginer des solutions. L'état d'excitation et les soubresauts autour de la dite "nouvelle" économie sont sans importance, c'est l'époque qui est passionnante.
= Il existe deux modes de numérisation des textes: le mode image et le mode caractère. Lequel préconisez-vous?
Le mode image permet d'avancer vite et à très faible coût. C'est important car la tâche de numérisation du domaine public est immense. Il faut tenir compte aussi des différentes éditions: la numérisation du patrimoine a pour but de faciliter l'accès aux oeuvres, il serait paradoxal qu'elle aboutisse à focaliser sur une édition et à abandonner l'accès aux autres.