[74]It is curious to find her earnestly recommending maternal affection to her daughter. One poor little girl was wholly sacrificed—shut up in a convent, waiting for a vocation; the other was saved by her grandmother from a similar fate. She writes, "Mais parlons de cette Pauline; l'aimable, la jolie petite créature! Ai-je jamais été si jolie qu'elle? on dit que je l'étais beaucoup. Je suis ravie qu'elle vous fasse souvenir de moi: je sais bien qu'il n'est pas besoin de cela; mais, enfin, j'ai une joie sensible: vous me la dépeignez charmante, et je crois précisément tout ce que vous me dites: je suis étonnée qu'elle ne soit devenue sotte et ricaneuse dans ce couvent: ah, que vous avez fait bien de l'en retirer! Gardez-la, ma fille, ne vous privez pas rie ce plaisir; la Providence en aura soin."—Oct. 4, 1679. In another letter she says, "Aimez, aimez Pauline; croyez-moi, tâtez, tâtez de l'amour maternel."

[75]It is in these letters from her château that we find her penetration into the human heart, and her sympathy with all that is upright and good. She writes to her daughter, "Vous verrez comme tous les vices et toutes les vertus sont jetés pêle-mêle dans le fond de ces provinces; car je trouve des âmes de paysans plus droites que les lignes, aimant la vertu comme naturellement les chevaux trottent." As to her jansenism, it was very sincere, though not mingled with the spirit of party. She believed in the election of grace, and the few that were to be saved; and, though somewhat puzzled when she tried to reconcile this doctrine with the free will of man, she has recourse to St. Augustin, the jansenian saint, and says, "Lisez un peu le livre de la prédestination des saints de St. Augustin, et du don de la persévérance: je ne cherche pas à être davantage éclaircie sur ce point; et je veux me tenir, si je puis, dans l'humilité et dans la dépendance. Le onzième chapitre du don de la persévérance me tomba hier sous la main: lisez-le, et lisez tout le livre: c'est où j'ai puisé mes erreurs: je ne suis pas seule, cela me console; et en vérité je suis tentée à croire qu'on ne dispute aujourd'hui sur cet matière avec tant de chaleur, que faute de s'entendre."

[76]"Je fis ma cour l'autre jour à St. Cyr, plus agréablement que je n'eusse jamais pensé. Nous y allâmes samedi; madame de Coulanges, madame de Bagnols, l'abbé Têtu, et moi: nous trouvâmes nos places gardées; un officier dit à madame de Coulanges que madame de Maintenon lui faisait garder un siège auprès d'elle: vous voyez quel honneur! 'Pour vous, madame,' me dit-il, 'vous pouvez choisir.' Je me mis avec madame de Bagnols, au second banc derrière les duchesses. Le maréchal de Bellefond vint se mettre par choix à mon côté droit. Nous écoutâmes, le maréchal et moi, cette tragédie avec une attention qui fut remarqué; et de certaines louanges sourdes et bien placées. Je ne puis vous dire l'excès de l'agrément de cette pièce. C'est une chose qui n'est pas aisée à représenter, et qui ne sera jamais imitée. C'est un rapport de la musique, des vers, des chants, et des personnes si parfait, qu'on n'y souhaite rien. On est attentif, et l'on n'a point d'autre peine que celle de voir finir une si aimable tragédie. Tout y est simple, tout y est innocent, tout y est sublime et touchant. Cette fidélité à l'histoire sainte donne du respect: tous les chants convenables aux paroles sont d'une beauté singulière. La mesure de l'approbation qu'on donne à cette pièce, c'est celle du goût et de l'attention. J'en fus charmée et le maréchal aussi, qui sortit de sa place pour aller dire au roi combien il étoit content, et qu'il étoit auprès d'une dame qui étoit bien digne d'avoir vu Esther. Le roi vint vers nos places; et après avoir tourné, il s'adressa à moi, et me dit, 'Madame, je suis assuré que vous avez été contente.' Moi, sans m'étonner, je répondis, 'Sire, je suis charmée, ce que je sens est au dessus des paroles.' Le roi me dit, 'Racine a bien de l'esprit.' Je lui dit, 'Sire, il en a beaucoup, mais en vérité ces jeunes personnes en ont beaucoup aussi; elles entrent dans le sujet, comme si elles n'avoient jamais fait autre chose.' 'Ah, pour cela,' reprit-il, 'il est vrai;' et puis sa majesté s'en alla, et me laissa l'objet d'envie: comme il n'y avoit quasi que moi de nouvelle venue, il eut quelque plaisir de voir mes sincères admirations, sans bruit et sans éclat. M. le prince, madame la princesse, me vinrent dire un mot, madame de Maintenon, elle s'en alloit avec le roi. Je répondit à tout, car j'étois en fortune. Nous revînmes le soir aux flambeaux; je soupai chez madame de Coulanges, à qui le roi avoit parlé aussi, avec un air d'être chez lui, qui lui donnoit une douceur trop aimable. Je vis le soir M. le chevalier de Grignan. Je lui contait tout naïvement un éclair mes petites prospérités, ne voulant point les cachoter sans savoir pourquoi, comme certaines personnes. Il en fut content, et voilà qui est fait. Je suis assurée qu'il ne m'a point trouvé dans la suite, ni une sotte vanité, ni un transport de bourgeoise."

[77]"Le père Bourdaloue s'en va, par ordre du roi, prêcher à Montpelier, et dans ces provinces où tant de gens se sont convertis sans savoir pourquoi. Le père Bourdaloue le leur apprendra, et en fera de bons catholiques. Les dragons ont été de très-bons missionnaires jusqu'ici: les médiateurs qu'on envoient présentement rendront l'ouvrage parfait. Vous aurez vu, sans doute, l'édit par lequel le roi révoque celui de Nantes. Rien n'est si beau que tout ce qu'il contient, et jamais aucun roi n'a fait et ne fera rien de plus mémorable."—Lettre au comte de Bussy, 14 Nov. 1685, The count replies, "J'admire la conduite du roi pour ruiner les huguenots: les guerres qu'on leur a faites autrefois, elles Saints Barthélémis, ont multiplié et donné vigueur à cette secte. Sa majesté l'a sapée petit à petit, et l'édit qu'il vient de donner, soutenu des dragons et des Bourdaloues, a été le coup de grace."

[BOILEAU]

1636-1711

One of the authors most characteristic of the better part of the age of Louis XIV. was Boileau. The activity and directness of his mind, his fastidious taste, his wit, the strict propriety of his writings, and their useful aim, were worthy of a period which, for many years, legislated for the republic of letters. Sunk in ignorance as France had been, it required spirits as resolute and enlightened as his to refine it, and spread knowledge widely abroad—while his disposition and habits were honourable to himself, and to the society of which he formed a distinguished part.

The father of the poet, Giles Boileau, was for sixty years greffier to the great chamber of the parliament of Paris. The simplicity of his character, his abilities, and probity, caused him to be universally esteemed. He had a large family. Three of his sons distinguished themselves in literature. One, who took the name of Pui-Morin, was a lawyer; but his publications were rather classic than legal. Another entered the church; he became a doctor of Sorbonne, and enjoyed several ecclesiastical preferments.

Nicholas Boileau (who, to distinguish him from his brothers, was called by his contemporaries Despréaux, from some meadows which his father possessed at the end of his garden,) was born in Paris, on the 5th of December, 1636.[78] He lost his mother when he was only eleven months old—she dying at the early age of twenty-three. His childhood was one of suffering; so that he said of himself, in after times, that he would not accept a new life on the condition of passing through a similar childhood. We are not told what the evils were of which he complained, but they were certainly, to a great degree, physical; for he was cut for the stone at an early age, and the operation being badly performed he never entirely regained his health. His earliest years were spent at the village of Crone, in which his father had a country house, where he spent his law vacations, and where, indeed, Louis Racine declares that Nicholas was born. The house must have been small and humble, for the boy was lodged in a loft above a barn, till a little room was constructed for him in the barn itself, which made him say that he commenced life by descending into a barn. His disposition as a child was marked by a simplicity and kindliness, that caused his father to say, "that Colin was a good fellow, who would never speak ill of any one." His turn for satire made this seem ridiculous in after times: yet it was founded on truth. Delicacy, and a sort of irritability of taste, joined to wit, caused him to satirise writers: but he carefully abstained from impugning the private character of any one; and, with his friends, and in his conduct during life, he was remarkable for probity, kindness of heart, and a cordial forgiving disposition. When we view him as a courtier, also, we recognize at once that independence of feeling, joined to a certain absence of mind, of which his father perceived the germ.

He went to school at Beauvais; and M. Sevin, master of one of the classes, discovered his taste for poetry, and asserted that he would acquire great reputation in his future life; being persuaded that, when a man is born a poet, nothing can prevent him from fulfilling his destiny. Boileau was at this time passionately fond of romances and poetry; but his critical taste was awakened by these very pursuits. "Even at fifteen," he says, in his ninth satire, "I detested a stupid book. Satire opened for me the right path, and supported my steps towards the Parnassus where I ventured to seek her." At the age of eighteen he wrote an ode on the war which it was expected that Cromwell would declare against France. In later days he corrected this ode, and added to the force of its expressions; but even in its original state it is remarkable for the purity of its language, its conciseness, and energy.