There are two very interesting pieces of contemporary criticism of Le Christianisme dévoilé, one by Voltaire, the other by Grimm. Voltaire writes in a letter to Madame de Saint Julien December 15, 1766 (Oeuvres, XLIV, p. 534, ed. Garnier): "Vous m'apprenez que, dans votre société, on m'attribue Le Christianisme dévoilé par feu M. Boulanger, mais je vous assure que les gens au fait ne m'attribuent point du tout cet ouvrage. J'avoue avec vous qu'il y a de la clarté, de la chaleur, et quelque fois de l'éloquence; mais il est plein de répétitions, de négligences, de fautes contre la langue et je serais très-fâché de l'avoir fait, non seulement comme académicien, mais comme philosophe, et encore plus comme citoyen.
"Il est entièrement opposé à mes principes. Ce livre conduit à l'athéisme que je déteste. J'ai toujours regardé l'athéisme comme le plus grand égarement de la raison, parce qu'il est aussi ridicule de dire que l'arrangement du monde ne prouve pas un artisan suprême qu'il serait impertinent de dire qu'une horloge ne prouve pas un horloger.
"Je ne réprouve pas moins ce livre comme citoyen; l'auteur paraît trop ennemi des puissances. Des hommes qui penseraient comme lui ne formeraient qu'une anarchie: et je vois trop, par l'example de Genève, combien l'anarchie est à craindre. Ma coutume est d'écrire sur la marge de mes livres ce que je pense d'eux, vous verrez, quand vous daignerez venir à Ferney, les marges de Christianisme dévoilé chargés de remarques qui montrent que l'auteur s'est trompé sur les faits les plus essentiels." These notes may be read in Voltaire's works (Vol. XXXI, p. 129, ed. Garnier) and the original copy of Le Christianisme dévoilé in which he wrote them is in the British Museum (c 28, k 3) where it is jealously guarded as one of the most precious autographs of the Patriarch of Ferney.
Grimm's notice is from the Correspondance Littéraire of August 15, 1763 (Vol. V, p. 367). "Il existe un livre intitulé le Christianisme dévoilé ou Examen des principes et des effets de la religion Chrétienne, par feu M. Boulanger, volume in 8º. On voit d'abord qu'on lui a donné ce titre pour en faire le pendant de l'Antiquité dévoilée; mais il ne faut pas beaucoup se connaître en manière pour sentir que ces deux ouvrages ne sont pas sortis de la même plume. On peut assurer avec la même certitude que celui dont nous parlons ne vient point de la fabrique de Ferney, parce que j'aimerais mieux croire que le patriache eût pris la lune avec ses dents; cela serait moins impossible que de guetter sa manière et son allure si complètement qu'il n'en restât aucune trace quelconque. Par la même raison, je ne crois ce livre d'aucun de nos philosophes connus, parce que je n'y trouve la manière d'aucun de ceux qui ont écrit. D'òu vient-il donc? Ma foi, je serais fâché de le savoir, et je crois que l'auteur aura sagement fait de ne mettre personne dans son secret. C'est le livre le plus hardi et le plus terrible qui ait jamais parti dans aucun lieu du monde. La préface consiste dans une lettre où l'auteur examine si la réligion est reéllement nécessaire ou seulement utile au maintien ou à la police des empires, et s'il convient de la respecter sous ce point de vue. Comme il établit la négative, il entreprend en conséquence de prouver, par son ouvrage, l'absurdité et l'incohérence du dogme Chrétien et de la mythologie qui en résulte, et l'influence de cette absurdité sur les têtes et sur les âmes. Dans la seconde partie, il examine la morale chrétienne, et il prétend prouver que dans ses principes généraux elle n'a aucun avantage sur toutes les morales du monde, parce que la justice et la bonté sont recommandées dans tous les catéchismes de l'univers, et que chez aucun peuple, quelque barbare qu'il fut, on n'a jamais enseigné qu'il fallût être injuste et méchant. Quant à ce que la morale chrétienne a de particulier, l'auteur pretend démontrer qu'elle ne peut convenir qu'à des enthousiastes peu propres aux devoirs de la société, pour lesquels les hommes sont dans ce monde. Il entreprend de prouver, dans la troisième partie, que la religion chrétienne a eu les effets politiques les plus sinistres et les plus funestes, et que le genre humain lui doit tous les malheurs dont il a été accablé depuis quinze à dix-huit siècles, sans qu'on en puisse encore prévoir la fin.
Ce livre est écrit avec plus de véhémence que de véritable éloquence; il entraine. Son style est châtié et correct, quoique un peu dur et sec; son ton est grave et soutenu. On n'y apprend rien de nouveau, et cependant il attache et intéresse. Malgré son incroyable témérité, on ne peut refuser à l'auteur la qualité d'homme de bien fortement épris du bonheur de sa race et de la prospérité des sociétés; mais je pense que ses bonnes intentions seraient une sauvegarde bien faible contre les mandements et les réquisitions." This is a clear and fair account of a book that is without doubt the severest criticism of the theory and practice of historical Christianity ever put in print.
The church very naturally did not let such a book pass unanswered. Abbé Bergier, a heavy person, triumphantly refuted Holbach in eight hundred pages in his Apologia de la Religion Chrétienne contre l'Auteur du Christianisme dévoilé, Paris, 1769, which finishes with the fatal prophecy, "Nous avons de surs garans de nos espérances: tant que le sang auguste de S. Louis sera sur le trône, il n'y a point de révolutions à craindre ni dans la Religion ni dans la politique. La religion Chrétienne fondée sur la parole de Dieu... triomphera des nouveaux Philosophes. Dieu qui veille sur son ouvrage n'a pas besoin de nos faibles mains pour le soutenir" (Psaume 32, vs. 10, 11).
2. There already existed in 1767 another work by Holbach entitled Théologie portative ou Dictionnaire Abrégé de la Religion Chrétienne. Par Mr Abbé Bernier. Londres (Amsterdam), 1768 (1767). This book went through many editions and was augmented by subsequent authors and editors. Voltaire was already writing to d'Alembert about it August 14, 1767. [44:5]
In a letter to Damilaville, October 16, he writes (Vol. XIV, p. 406):
Depuis trois mois il y a une douzaine d'ouvrages d'une liberté extrême, imprimés en Hollande. La Théologie portative n'est nullement théologique: ce n'est qu'une plaisanterie continuelle par ordre alphabétique; mais il faut avouer qu'il y a des traits si comiques que plusieurs théologiens mêmes ne pourront s'empêcher d'en rire. Les jeunes gens et les femmes lisent cette folie avec avidité. Les éditions de tous les livres dans ce goût se multiplient.
And on February 8, 1768, he wrote: