“Oh! que de proscriptions, que de larmes, que de sang dans cette période de 18 siècles, et vous êtes encore, fils de Juda!

“Contre la haîne, le mépris, le dédain, le dégoût vous avez franchi ces obstacles, sans nombre, que les bourreaux des siècles d’aveugle foi tendaient à votre passage, et l’éternelle main vous conduisait sans cesse!

“Mais la France vous a faits libres!...

“Vous avez été citoyens et vous êtes nos frères!

“L’an 1789 a été pour vous la première étape de la réhabilitation, si la réhabilitation est là où il n’y a pas la honte et infamie, mais là où il y a eu un malheur!

“Marchez alors sous l’égide sacrée de cette France émancipatrice! Dans sa mission libérale, son étoile de salut distingua échelonnés, sur la route des peuples, toutes les races proscrites et tous les parias du monde. Et vous étiez sur ce grand chemin, et l’opprobre et les malheurs ombrageaient seuls l’épineuse et brûlante voie!”

“Elle vous appella dans ses assemblées, dans ses triomphes, dans ses joies, dans ses malheurs; et au jour des délibérations, vous avez parlé, et au jour des marches triomphales vous avez applaudi, et au jour de nos malheurs, vous avez pleuré!...”

“Nous nous inclinons devant vous, hommes forts! Car vous fûtes forts durant votre histoire antique; vous fûtes forts, depuis le drame de Jérusalem; vous fûtes forts au temps du moyenâge, alors qu’il n’y avait que deux noires puissances: l’inquisition avec la croix, les pirates avec le croissant!

“Mais vous ne nous êtes pas arrivés tous jusqu’à nous. Combien n’en a-t-il pas fallu pour payer l’immense tribu de 18 siècles!

“Mais, ceux qui restent, vous pouvez grandir encore et rebâtir la porte de Jérusalem.