“C’est votre tâche. Dieu ne vous aurait pas conduits jusqu’à nos temps s’il n’avait pas voulu vous réserver la plus sainte des missions....”
“Une haute mission vous est réservée. Placés comme un vivant trait d’union entre trois mondes, vous devez amener la civilisation chez les peuples inexpérimentés encore, vous devez leur porter les lumières d’Europe que vous avez recueillies à flots.”
“Vous servirez d’intermédiaires entre l’Europe et l’extrême Asie, et vous ouvrirez les grandes voies qui mènent aux Indes et à la Chine et aux archipels encore inconnus, mais qu’il faudra explorer.
“Vous arriverez aux champs de Juda, avec la couronne du martyre et les cicatrices des longues douleurs, et le monde s’inclinera et les fronts se découvriront, comme devant un aîné des peuples!...”
“Vous avez assez aidé à civiliser les peuples, en Europe, à faire avancer le progrès, à faire et à favoriser les révolutions; vous devez maintenant songer au vallées du Liban et aux grandes plaines de Génézareth.
“Marchez! Dans votre œuvre rénovatrice, nos cœurs vous suivront et nos bras vous serviront d’aide!
“Nous le ferons! Vous avez en vous-mêmes de ces hommes si rares en nos temps, qui out fait appel à vos sympathies, et à vos secours, pour venir soulager nos frères dans le malheur![¹]
[¹] “L’illustre M. Crémieux, dont le nom, en ces circonstances, ne saurait être jamais assez, non pas glorifié, mais béni....”
“Cette voix que nous entendons encore a retenti d’un bout à l’autre du monde. Et qui ne serait pas reconnaissant aujourd’hui du généreux élan qu’a provoqué le grand homme?
“Marchez, Juifs de tous les pays!... L’antique patrie vous appelle, et nous serons fiers de venir rouvrir vos foyers!”