President Hepburn then presented His Excellency, Gabriel Hanotaux as follows:
“He has won fame as a statesman and as a scholar. For many years he was Minister of Foreign Affairs in the government of France, and in the world of letters has achieved that most enviable distinction—a member of the French Academy. I have the pleasure of presenting M. Gabriel Hanotaux.”
M. Hanotaux was greeted with loud applause and spoke in French.
Address of M. Albert Auguste Gabriel Hanotaux
Monsieur le Président: Si je jette les yeux autour de moi, ma pensée et celle de la délégation tout entière se porte vers les énergies humaines que vous représentez autour de nous. C’est la puissance des États-Unis d’Amérique, c’est cette activité inlassable qui a couvert de ses oeuvres et de ses conquêtes un continent et la planète entière se détournant de ses travaux pour nous faire un splendide et chaleureux accueil. Cette réunion, ces fleurs, ces drapeaux, tout se réunit pour faire sentir à la France combien elle est chère à cette vaillante cité new yorkaise. Mais il y a quelque chose de plus chaud et de plus précieux dans l’accueil que vous nous faites, c’est le mouvement du coeur. Comment vous exprimer notre reconnaissance?
D’ailleurs n’est-ce pas la générosité américaine qui a déterminé le voyage de la Délégation française?
Il y a quelques mois notre éminent ambassadeur, Monsieur Jusserand, qui veille avec tant de compétence à tout ce qui peut rapprocher les deux pays, nous avait signalé la prochaine érection sur les bords du lac Champlain d’un monument en l’honneur de notre vaillant compatriote. Il pensait avec raison que la France ne pouvait rester indifférente à ce beau geste qui en continue tant d’autres analogues. Mais comment la France manifesterait-elle sa gratitude, comment participerait-elle à cette glorification d’un de ses enfants?
Seul, un appel au public et un appel à l’art pouvaient avoir une portée suffisante pour répondre. Par les soins du comité France-Amérique que nous représentons ici, les deux manifestations simultanées se sont produites: le public français a compris et a rapidement souscrit les listes en tête desquelles il trouvait le nom vénéré de Monsieur Fallières, Président de la République Française. En même temps l’art avait fait son oeuvre, et le sculpteur Rodin avait conçu et exécuté l’image de la “France” que nous avions sollicitée de son génie.
C’est cette image que nous avons apportée ici pour qu’elle soit scellée au pied du monument de Champlain, comme un cachet et un sceau authentiquant une fois de plus la fidélité de nos sentiments communs et nos souvenirs.
Vous avez bien voulu arrêter au passage dans cette grande ville la délégation qui va porter le bronze au lieu où il est destiné! Vous savez qu’elle appartient aux diverses grandes institutions et corporations françaises, au Parlement, à l’Académie et à l’Institut, à l’Armée, à l’Université, au Conseil d’État, à l’Industrie, au Commerce, et qu’elle contient trois membres descendant des familles qui ont combattu ou servi à l’époque de la guerre de l’Indépendance, Choiseul, Rochambeau, Lafayette, dont nous avons ici le petit-fils, le Comte de Chambrun. Celui-ci a reçu, en outre, une délégation spéciale de M. le Président du Conseil, Monsieur Raymond Poincaré, et il le représente personnellement.