Hence it is evident that, having no proofs from either of the three sources of conviction, the mind CANNOT believe the existence of a creative God: it is also evident that, as belief is a passion of the mind, no degree of criminality is attachable to disbelief; and that they only are reprehensible who neglect to remove the false medium through which their mind views any subject of discussion. Every reflecting mind must acknowledge that there is no proof of the existence of a Deity.

God is an hypothesis, and, as such, stands in need of proof: the onus probandi rests on the theist. Sir Isaac Newton says: Hypotheses non fingo, quicquid enim ex phaenomenis non deducitur hypothesis vocanda est, et hypothesis vel metaphysicae, vel physicae, vel qualitatum occultarum, seu mechanicae, in philosophia locum non habent. To all proofs of the existence of a creative God apply this valuable rule. We see a variety of bodies possessing a variety of powers: we merely know their effects; we are in a state of ignorance with respect to their essences and causes. These Newton calls the phenomena of things; but the pride of philosophy is unwilling to admit its ignorance of their causes. From the phenomena, which are the objects of our senses, we attempt to infer a cause, which we call God, and gratuitously endow it with all negative and contradictory qualities. From this hypothesis we invent this general name, to conceal our ignorance of causes and essences. The being called God by no means answers with the conditions prescribed by Newton; it bears every mark of a veil woven by philosophical conceit, to hide the ignorance of philosophers even from themselves. They borrow the threads of its texture from the anthropomorphism of the vulgar. Words have been used by sophists for the same purposes, from the occult qualities of the peripatetics to the effluvium of Boyle and the crinities or nebulae of Herschel. God is represented as infinite, eternal, incomprehensible; He is contained under every predicate in non that the logic of ignorance could fabricate. Even His worshippers allow that it is impossible to form any idea of Him: they exclaim with the French poet,

Pour dire ce qu’il est, il faut etre lui-meme.

Lord Bacon says that atheism leaves to man reason, philosophy, natural piety, laws, reputation, and everything that can serve to conduct him to virtue; but superstition destroys all these, and erects itself into a tyranny over the understandings of men: hence atheism never disturbs the government, but renders man more clear-sighted, since he sees nothing beyond the boundaries of the present life.—Bacon’s “Moral Essays”.

La premiere theologie de l’homme lui fit d’abord craindre at adorer les elements meme, des objets materiels at grossiers; il randit ensuite ses hommages a des agents presidant aux elements, a des genies inferieurs, a des heros, ou a des hommes doues de grandes qualites. A force de reflechir il crut simplifier les choses en soumettant la nature entiere a un seul agent, a un esprit, a una ame universelle, qui mettait cette nature et ses parties en mouvement. En remontant de causes en causes, les mortels ont fini par ne rien voir; at c’est dans cette obscurite qu’ils ont place leur Dieu; c’est dans cat abime tenebreux que leur imagination inquiete travaille toujours a se fabriquer des chimeres, qui les affligeront jusqu’a ce que la connaissance da la nature les detrompe des fantomes qu’ils ont toujours si vainement adores.

Si nous voulons nous rendre compte de nos idees sur la Divinite, nous serons obliges de convanir que, par le mot “Dieu”, les hommes n’ont jamais pu designer que la cause la plus cachee, la plus eloignee, la plus inconnue des effets qu’ils voyaient: ils ne font usage de ce mot, que lorsque le jeu des causes naturelles at connues cesse d’etre visible pour eux; des qu’ils perdent le fil de ces causes, on des que leur esprit ne peut plus en suivre la chaine, ils tranchent leur difficulte, at terminent leurs recherches en appellant Dieu la derniere des causes, c’est-a-dire celle qui est au-dela de toutes les causes qu’ils connaissent; ainsi ils ne font qu’assigner une denomination vague a une cause ignoree, a laquelle leur paresse ou les bornes de leurs connaissances les forcent de s’arreter. Toutes les fois qu’on nous dit que Dieu est l’auteur de quelque phenomene, cela signifie qu’on ignore comment un tel phenomene a pu s’operer par le secours des forces ou des causes que nous connaissons dans la nature. C’est ainsi que le commun des hommes, dont l’ignorance est la partage, attribue a la Divinite non seulement les effets inusites qui las frappent, mais encore les evenemens les plus simples, dont les causes sont les plus faciles a connaitre pour quiconque a pu les mediter. En un mot, l’homme a toujours respecte les causes inconnues des effets surprenans, que son ignorance l’empechait de demeler. Ce fut sur les debris de la nature que les hommes eleverent le colosse imaginaire de la Divinite.

Si l’ignorance de la nature donna la naissance aux dieux, la connaissance de la nature est faite pour les detruire. A mesure que l’homme s’instruit, ses forces at ses ressources augmentent avec ses lumieres; les sciences, les arts conservateurs, l’industrie, lui fournissent des secours; l’experience le rassure ou lui procure des moyens de resister aux efforts de bien des causes qui cessent de l’alarmer des qu’il les a connues. En un mot, ses terreurs se dissipent dans la meme proportion que son esprit s’eclaire. L’homnme instruit cesse d’etre superstitieux.

Ce n’est jamais que sur parole que des peuples entiers adorent le Dieu de leurs peres at de leurs pretres: l’autorite, la confiance, la soumission, et l’habitude leur tiennent lieu de conviction et de preuves; ils se prosternent et prient, parce que leurs peres leur out appris a se prosterner at prier: mais pourquoi ceux-ci se sont-ils mis a genoux? C’est que dans les temps eloignes leurs legislateurs et leurs guides leur en ont fait un devoir. ‘Adorez at croyez,’ ont-ils dit, ‘des dieux que vous ne pouvez comprendre; rapportez-vous-en a notre sagesse profonde; nous en savons plus que vous sur la divinite.’ Mais pourquoi m’en rapporterais-je a vous? C’est que Dieu le veut ainsi, c’est que Dieu vous punira si vous osez resister. Mais ce Dieu n’est-il donc pas la chose en question? Cependant las hommes se sont toujours payes de ce cercle vicieux; la paresse de leur esprit leur fit trouver plus court de s’en rapporter au jugament des autres. Toutes las notions religieuses sent fondees uniquement sur l’autorite; toutes les religions du monde defendent l’examen et ne veulent pas que l’on raisonne; c’est l’autorite qui veut qu’on croie en Dieu; ce Dieu n’est lui-meme fonde que sur l’autorite de quelques hommes qui pretendent le connaitre, et venir de sa part pour l’annoncer a la terre. Un Dieu fait par les hommes a sans doute bosom des hommes pour se faire connaitre aux hommes.

Ne serait-ce donc que pour des pretres, des inspires, des metaphysiciens que serait reservee la conviction de l’existence d’un Dieu, que l’on dit neanmoins si necessaire a tout le genre humain? Mais trouvons-nous de l’harmonie entre les opinions theologiques des differens inspires, ou des penseurs repandus sur la terre? Ceux meme qui font profession d’adorer le meme Dieu, sent-ils d’accord sur son compte? Sont-ils contents des preuves que leurs collegues apportent de son existence? Souscrivent-ils unanimement aux idees qu’ils presentent sur sa nature, sur sa conduite, sur la facon d’entendre ses pretandus oracles? Est-il une centree sur la terre ou la science de Dieu se soit reellement parfectionnee? A-t-elle pris quelqne part la consistance et l’uniformite que nous voyons prendre aux connaissances humaines, aux arts les plus futiles, aux metiers les plus meprises? Ces mots d’esprit, d’immaterialite, de creation, de predestination, de grace; cette foule de distinctions subtiles dont la theologie s’est parteut remplie dans quelques pays, ces inventions si ingenieuses, imaginees par des penseurs qui se sont succedes depuis taut de siecles, n’ont fait, helas! qu’embrouiller les choses, et jamais la science la plus necassaire aux hommes n’a jusqu’ici pu acquerir la moindre fixite. Depuis des milliers d’annees ces reveurs oisifs se sont perpetuellement relayes pour mediter la Divinite, pour deviner ses voies cachees, pour inventer des hypotheses propres a developper cette enigme importante. Leur peu de succes n’a point decourage la vanite theologique; toujours on a parle de Dieu: on s’est egorge pour lui, et cet etre sublime demeure toujours le plus ignore et le plus discute.

Les hommes auraient ete trop heureux, si, se bornant aux objets visibles qui les interessent, ils eussent employe a perfectionner leurs sciences reelles, leurs lois, leur morale, leur education, la moitie des efforts qu’ils ont mis dans leurs recherches sur la Divinite. Ils auraiant ete bien plus sages encore, et plus fortunes, s’ils eussent pu consentir a laisser leurs guides desoeuvres se quereller entre eux, et sonder des profondeurs capables de les etourdir, sans se meler de leurs disputes insensees. Mais il est de l’essence de l’ignorance d’attacher de l’importance a ce qu’elle ne comprend pas. La vanite humaine fait que l’esprit se roidit contra des difficultes. Plus un objet se derobe a nos yeux, plus nous faisons d’efforts pour le saisir, parce que des-lors il aiguillonne notre orgueil, il excite notre curiosite, il nous parait interessant. En combattant pour son Dieu chacun ne combattit en effet que pour les interets de sa propra vanite, qui de toutes les passions produites par la mal-organisation de la societe est la plus prompte a s’alarmer, et la plus propre a produire de tres grandes folies.