M. ORGON.
De tout cela,[32] ma fille, je comprends que le mariage t'alarme, d'autant plus que tu ne connois point Dorante.
LISETTE.
Premièrement, il est beau; et c'est presque tant pis.
M. ORGON.
Tant pis! Rêves-tu, avec ton tant pis?
LISETTE.
Moi, je dis ce qu'on m'apprend: c'est la doctrine de Madame; j'étudie sous elle.
M. ORGON.
Allons, allons, il n'est pas question de tout cela. Tiens, ma chère enfant, tu sais combien je t'aime. Dorante vient pour t'épouser. Dans le dernier voyage que je fis en province, j'arrêtai ce mariage-là avec son père, qui est mon intime et mon ancien ami; mais ce fut à condition que[33] vous vous plairiez à tous deux et que vous auriez entière liberté de vous expliquer là-dessus. Je te défends toute complaisance à mon égard. Si Dorante ne te convient point, tu n'as qu'à le dire, et il repart; si tu ne lui convenois pas, il repart de même,