—Laisse-moi, répondit Mateo: je suis son père.
Giuseppa embrassa son fils et entra en pleurant dans sa cabane. Elle se jeta à genoux devant une image de la Vierge et pria avec ferveur. Cependant Falcone marcha quelque deux cents pas dans le sentier et ne s'arrêta que dans un petit ravin où il descendit. Il sonda la terre avec la crosse de son fusil et la trouva molle et facile à creuser. L'endroit lui parut convenable pour son dessein.
—Fortunato, va auprès de cette grosse pierre.
L'enfant fit ce qu'il lui commandait, puis il s'agenouilla.
—Dis tes prières.
—Mon père, mon père, ne me tuez pas.
—Dis tes prières! répéta Mateo d'une voix terrible.
L'enfant, tout en balbutiant et en sanglotant, récita le Pater et le Credo[1]. Le père, d'une voix forte, répondait Amen! à la fin de chaque prière.
[Footnote 1: *Pater*—*Credo*. The first words respectively of the
Latin version of the Lord's Prayer and of the Creed.]
—Sont-ce là toutes les prières que tu sais?