Cet homme était un bandit[1], qui, étant parti de nuit pour aller chercher de la poudre à la ville, était tombé en route dans une embuscade de voltigeurs corses[2]. Après une vigoureuse défense, il était parvenu à faire sa retraite, vivement poursuivi et tiraillant de rocher en rocher. Mais il avait peu d'avance sur les soldats, et sa blessure le mettait hors d'état de gagner le maquis avant d'être rejoint.
[Footnote 1: Ce mot est ici le synonyme de proscrit.—Author's
Note.]
[Footnote 2: C'est un corps levé depuis peu d'années par le gouvernement, et qui sert concurremment avec la gendarmerie au maintien de la police.—Author's Note.]
Il s'approcha de Fortunato et lui dit:
—Tu es le fils de Mateo Falcone?
—Oui.
—Moi, je suis Gianetto Sanpiero. Je suis poursuivi par les collets jaunes[1]. Cache-moi, car je ne puis aller plus loin.
[Footnote 1: L'uniforme des voltigeurs était alors un habit brun avec un collet jaune.—Author's Note.]
—Et que dira mon père si je te cache sans sa permission?
—Il dira que tu as bien fait.