Après, nous interrogeons l’un après l’autre Bundja, de Bosibendama, et Bawsa, de Bossundjulu, travailleurs de la Société Lulonga, qui font une déclaration identique à la précédente.

Dont procès-verbal lu et signé, hors le témoin illettré.

(Signé) BOSCO.

L’an 1903, le 19 Septembre, devant nous, Substitut, comparaît Kelengo, de Bokakata, qui, renseigné sur l’accusation qu’on lui fait, déclare:—

Mon nom officiel (kombo na mukanda) est Mbilu, mais les indigènes m’appellent Kelengo. Je n’ai pas coupé les mains d’Epondo.... Je ne connais pas même Epondo. Je sais seulement qu’un sanglier lui a mordu la main.... Du reste, je ne suis dans le village de Bosunguma que depuis cinq mois. J’ai été surpris lorsque les indigènes m’ont accusé près des Anglais, mais je dois vous dire que quelques jours après, ils m’ont donné 100 mitakos pour que je n’aille pas réclamer chez le blanc et m’ont avoué qu’ils avaient dit des mensonges aux Anglais pour se soustraire au travail du caoutchouc. Je portai ces 100 mitakos à Bumba (M. Dutrieux), qui dit: “Les indigènes sont des menteurs.”

D. Le Chef Tondebila dit qu’il vous a vu lorsque vous coupiez la main d’Epondo.

R. Il est un menteur. D’ailleurs pourquoi s’est-il sauvé? Il a été arrêté deux fois pour venir ici rendre son témoignage. La première fois par Bumba, la seconde par le Commandant de la Compagnie (Braeckman), et il a pris toujours la fuite. Moi aussi, j’aurais pu m’enfuir et je n’ai pas voulu parce que je suis innocent.

D. Mololi, Botoko, Eykela, et Alondi vous accusent comme auteur de la mutilation d’Epondo.

R. Ils mentent. Je ne connais ni Botoko, ni Eykela, ni Alondi. Je connais seulement Mololi.

D. On vous accuse aussi d’avoir amarré la femme de Ciango parce que celui-ci, ayant tué deux antilopes, ne vous en avait donné que les cuisses et de n’avoir laissé cette femme qu’après avoir reçu un cadeau de 1,000 mitakos. On vous accuse en outre d’avoir volé ou de vous être emparé par force de deux canards et d’un chien appartenant à Ilungo. Que répondez-vous?