R. Mensonge. Je ne connais pas Ciango. Je connais Ilungo, mais je n’ai rien pris. Quand on m’apporte des cadeaux, je les accepte, mais je ne prends pas les objets des indigènes, parce que Bumba nous l’a défendu sous menace de nous mettre en prison.

D. Vous êtes accusé par Ilengi d’avoir amarré la femme de Sundi et de l’avoir libérée seulement après paiement de 500 mitakos.

R. Mensonge. Ilundji et Sundi appartiennent à une autre section. Ils dépendent d’une autre sentinelle, un nommé Ikangola. C’est un complot des indigènes pour se soustraire au travail du caoutchouc. Ils me disaient toujours qu’ils ne voulaient pas le faire, qu’ils préféraient faire la kwanga pour les Anglais et prétendaient d’y parvenir avec leur aide.

Dont procès-verbal lu et signé, hors le témoin illettré.

(Signé) BOSCO.

Après, nous interrogeons successivement tous les témoins: Bandja, Bansu, Ekumaleko, Mambo, Bangula, Monsumbu, Ffundu, pour leur demander depuis combien de temps Kelengo se trouve à Bosunguma, et tous disent qu’il s’y trouve depuis quatre mois.

(Signé) BOSCO.

L’an 1903, le 4 Octobre, à Mampoko, devant nous, Substitut, à Coquilhatville, comparaît Dutrieux, Charles-Alexandre, né à Namur, Directeur de la Société Lulonga, qui, interrogé, après serment, déclare:—

Je connais Kelengo sous le nom de M’Bilo. Il est au service de le Société Lulonga en qualité de garde forestier, depuis le mois de Mars dernier. Sa tâche est uniquement celle d’accompagner les indigènes à la récolte du caoutchouc et de leur empêcher de couper les lianes. Je ne sais rien au sujet de l’atrocité dont on l’accuse.... Je ne sais pas maintenant pourquoi on accuse Kelengo ou Mbilu d’avoir coupé une main à un garçon. Je sais seulement que le nommé Kelengo ou Mbilu est venu chez moi le jour d’arrivée du Lieutenant Braeckman, c’est-à-dire, sauf erreur, le 12 Septembre, m’apporter 100 mitakos en me disant que les indigènes les lui avaient donnés pour qu’il ne me dise pas qu’ils avaient menti près des Anglais, dans le but de ne pas faire de caoutchouc. Le Lieutenant Braeckman a fait rendre ces mitakos au Chef du village de Bossunguma.

Dont procès-verbal lu et signé, hors le témoin illettré.