D. Pourtant, croyez-vous que ces cris aient été réellement poussés?

R. Il est très possible que le caoutchouc est la bête noire des indigènes. Je ne crois pas que les hommes de la Mission aient poussé ces cris, puisqu’ils ne s’occupent pas de caoutchouc, et nous sommes très prudents à ce sujet, ayant soin de ne pas en parler.

D. Comment expliquez-vous le bruit que maintenant on ne doit plus faire de caoutchouc et que le Consul Anglais allait supprimer ce travail dans toute la rivière?

R. Le désir est père de la pensée. Les noirs sont paresseux, et ils seraient capables de tout complot pour éviter de travailler, partant de faire du caoutchouc. Du reste, lorsque le Consul Anglais est allé à Bossunguma, il a dit qu’il aurait porté à la connaissance de la justice le crime, dont on accusait Kelengo, mais il n’a pas dit un mot qui pût être interprété, soit comme instigation à ne pas travailler, soit comme promesse de son intercession près des autorités de l’État, pour la suppression ou la diminution du travail.

D. D’après votre opinion, depuis combien de temps la mutilation a eu lieu?

R. Je ne saurais pas, mais on dit depuis six mois.

Dont procès-verbal lu et signé, hors le témoin illettré.

(Signé) BOSCO.

(Signé) W.-D. Armstrong.

Après comparaît Epondo, de Bossunguma. Le comparant a la main gauche coupée. Il prête serment et déclare:—