M. de Cuvelier handed to me this evening a Memorandum, of which I have the honour to inclose copy, which has been drawn up at the Congo Ministry in rejoinder to the points raised in your Lordship’s despatch of the 19th ultimo, on the subject of the administration of the Congo.
I have, &c.
(Signed) CONSTANTINE PHIPPS.
Inclosure in No. 4.
Memorandum.
LA dépêche de Lord Lansdowne du 19 Avril, 1904, dont copie a été remise par Son Excellence Sir Constantine Phipps au Gouvernement du Congo le 27 Avril suivant, appelle quelque considérations.
Relativement à l’appréciation contre laquelle s’élève cette dépêche “that the interests of humanity have been used in this country as a pretext to conceal designs for the abolition of the Congo State,” l’on voudra bien se souvenir qu’un membre de la Chambre des Communes déclarait qu’il préfèrerait “voir la vallée du Congo passer à une Puissance étrangère,” et que des pamphlets indiquaient comme “absolute and immediate necessities,” “Disruption of the Congo Free State,” “Partition of the Congo Free State among the Powers,” et suggéraient même les bases d’un tel partage, tandis que des organes de la presse Anglaise envisageaient soit l’alternative “advocated by the more thorough-going critics of the present Administration, namely, the disruption of the Congo Free State,” soit l’alternative de “the partition of the Congo territory among the Great Powers whose possessions in Africa border those of the Congo State,” ou déclaraient “what Europe ought to do, under the leadership of Great Britain, is summarily to sweep the Congo Free State out of existence.” La Note de l’État du Congo du 17 Septembre a relevé ces suggestions, dont nous n’indiquons ici que la tendance et qui toutes avaient pour objet de spolier le Roi-Souverain, de le déposséder de l’État qui était sa création personnelle—suggestions qui se concilient bien mal avec le respect du droit et des Traités, et avec les motifs d’ordre purement humanitaire et philanthropique dont se disent exclusivement animés les adversaires de l’État dans la campagne passionnée qu’ils mènent contre lui.
En réponse aux objections que le Gouvernement de Sa Majesté élève contre la communication du texte intégral du Rapport de Mr. Casement, le Gouvernement de l’État du Congo fait remarquer qu’il a demandé la communication de ce Rapport complet en vue précisément de le transmettre aux autorités judiciaires et administratives compétentes, sans quoi cette communication serait sans objet. Le souci d’une enquête impartiale et les droits de la défense exigent impérieusement que les accusés connaissent, d’une manière précise et dans leurs détails, les faits mis à leur charge, et l’appréhension que les personnes accusées pourraient, de par la connaissance qu’elles auraient de ces détails, influencer ou supprimer des témoignages ne semble pas justifiée par ce seul fait que des indigènes, qui, dans l’affaire Epondo, avaient fourni au Consul des informations mensongères, ont évité par la suite de se représenter devant le Magistrat enquêteur; la fuite de ces témoins s’explique plus naturellement par le sentiment de la faute grave qu’ils avaient commise en trompant sciemment le Consul Anglais. Si le Gouvernement du Congo peut donner, et donne volontiers, l’assurance que tout acte ou toute tentative de subornation de témoins serait poursuivi, il n’est évidemment pas en son pouvoir de préjuger ou d’enrayer les mesures légales que croiraient devoir prendre, dans l’intérêt de leur honneur ou de leur considération, des personnes qui se trouveraient avoir été faussement accusées.
Le Gouvernement de l’État du Congo regrette que le Gouvernement de Sa Majesté Britannique n’estime pas devoir lui communiquer les autres Rapports Consulaires antérieurs auxquels faisait allusion la dépêche de Lord Lansdowne du 8 Août, 1903. Ainsi que le disaient les notes du 12 Mars dernier, ces rapports présentaient l’intérêt d’avoir été écrits à une date à laquelle de débat actuel n’était pas né.
Une copie de ce Mémorandum sera adressée aux Puissances auxquelles a été transmise la copie de la dépêche de Lord Lansdowne du 19 Avril dernier.
État Indépendant du Congo, Bruxelles,
le 14 Mai, 1904.