Inclosure in No. 1.
Notes on the Report of Mr. Casement, Consul of His Britannic Majesty, of the 11th December, 1903.
A LA séance de la Chambre des Communes du 11 Mars, 1903, Lord Cranborne avait dit:—
“We have no reason to think that slavery is recognized by the authorities of the Congo Free State, but reports of acts of cruelty and oppression have reached us. Such reports have been received from our Consular officers.”
Le Gouvernement de l’État du Congo demanda, par lettre du 14 Mars, 1903, à son Excellence Sir C. Phipps, de bien vouloir lui communiquer les faits qui avaient été l’objet de rapports de la part des Consuls Britanniques.
Cette demande ne reçut pas de suite.
La dépêche de Lord Lansdowne du 8 Août, 1903, portait:—
“Representations to this effect (alleged cases of ill-treatment of natives and existence of trade monopolies) are to be found ... in despatches from His Majesty’s Consuls.”
L’impression était ainsi créée qu’à cette date le Gouvernement de Sa Majesté se trouvait en possession de renseignements Consulaires concluants: la nécessité d’un voyage de M. le Consul Casement dans le Haut-Congo n’en a pas moins paru évidente. La réflexion s’ensuit que les conclusions de la note du 8 Août étaient au moins prématurées; il s’en déduit également que, contrairement à l’appréciation de cette note, il a été loisible au Consul Britannique d’entreprendre dans les régions intérieures tel voyage qui lui convenait. Il est à noter en tout cas que le “White Paper” (Africa, No. 1, 1904), qui vient d’être présenté au Parlement, ne contient pas, nonobstant le désir qu’en a réitéré l’État du Congo, ces rapports Consulaires antérieurs, qui, cependant, offraient d’autant plus d’intérêt qu’ils dataient d’un temps où la campagne présente n’était pas née.
Le Rapport actuel signale qu’en certains points visités par le Consul, la population se trouve en décroissance. M. Casement n’indique pas les bases de ses recensements comparatifs en 1887 et en 1903. Il est à se demander comment pour cette dernière année le Consul a pu établir ses chiffres au cours de visites rapides et hâtives. Sur quels éléments certains s’appuye-t-il, par exemple, pour dire que la population des localités riveraines du Lac Mantumba semble avoir diminué dans les dix dernières années de 60 à 70 pour cent? En un point désigné F*, il déclare que l’ensemble des villages ne compte pas aujourd’hui plus ne 500 âmes; quelques lignes plus loin, ces mêmes villages ne comportent plus que 240 habitants en tout. Ce ne sont là que des détails, mais ils caractérisent immédiatement le défaut de précision de certaines appréciations du Consul. Au reste, il n’est malheureusement que trop exact que la diminution de la population a été constatée; elle est due à d’autres causes qu’à un régime excessif ou oppressif exercé par l’Administration sur les populations indigènes. C’est en premier lieu la maladie du sommeil, qui décime partout les populations en Afrique équatoriale. Le Rapport remarque lui-même que: “a prominent place must be assigned to this malady,”[26] et que cette maladie est “probably one of the principal factors,” de la diminution de la population.[27] Il suffit de lire la lettre du Révérend John Whitehead (Annexe II du Rapport), citée par le Consul, pour se rendre compte des ravages de la maladie, à laquelle ce missionnaire attribue la moitié des décès dans la région riveraine du district. Dans une interview récente, Mgr. Van Ronslé, Vicaire Apostolique du Congo Belge, avec l’autorité qui s’attache à une grande expérience des choses d’Afrique et à des séjours prolongés en de multiples résidences au Congo, a montré l’évolution du fléau, le dépérissement fatal des populations qui en sont frappées, quelles que soient d’ailleurs les conditions de leur état social, citant entre autres les pertes effrayantes de vies dues à ce mal dans l’Uganda. Que si l’on ajoute à cette cause fondamentale de la dépopulation au Congo, les épidémies de petite vérole, l’impossibilité actuelle pour les tribus de maintenir leur chiffre par des achats d’esclaves, la facilité de déplacement des indigènes, il s’explique que le Consul et les missionnaires aient relevé la diminution du nombre d’habitants de certaines agglomérations, sans que nécessairement ce soit le résultat d’un système d’oppression. L’Annexe No. I reproduit les déclarations sur ce point de Mgr. Van Ronslé. Ce qu’il dit des conséquences, sur le chiffre numérique de la population, de la suppression de l’esclavage, se trouve reproduit ailleurs:—