Audience of leave.

On the evening of the 10th of February, we took our leave of Maharajah Runjeet Sing on the parade-ground, where he again exhibited to us, with apparent pride, the progress which his troops had made in throwing shells. On this occasion he asked for my opinions on opening the Indus; and remarked, that, as that river and its five great tributaries passed through his territories, he ought to derive greater advantages than the British government. He spoke of the scheme as might have been expected from a man of his enlightened views; but said that he did not relish the idea of vessels navigating all parts of his territories. He fears collision with the British government. His Highness then proceeded to dictate letters in our behalf to the chiefs of Peshawur and Cabool, as well as several other personages beyond the Indus. He also issued orders to all the chiefs and agents between his capital and the frontier; and stretching his hand from the elephant, gave each of us a hearty shake, and said farewell. He particularly requested me to write to him frequently, and give an account of the countries I traversed, with their politics and customs, and never forget him in whatever region I might be placed. Nor did we forget his request when far from his territories. We received letters from Runjeet Sing himself in the deserts of Tartary and in Bokhara. I never quitted the presence of a native of Asia with such impressions as I left this man: without education, and without a guide, he conducts all the affairs of his kingdom with surpassing energy and vigour, and yet he wields his power with a moderation quite unprecedented in an Eastern prince.

MONSIEUR COURT’S INSTRUCTIONS.

A Monsieur Burnes, par son Ami, M. Court.

“Le proverbe Français dit, ‘Si tu veux vivre en paix en voyageant, fais en sorte de hurler comme les loups avec qui tu te trouves:’ c’est-à-dire, Conforme toi en tout aux mœurs et coutumes des habitans des contrées que tu parcours. C’est là la base de vos instructions.

“Commencez d’abord par vous dépouiller de tout ce qui pourrait faire connaître que vous êtes Européen; car si l’on vient à savoir que vous êtes tel, on va se figurer que vous emportez avec vous toutes les mines de Pérou. Par là vous vous attirez sur les bras une nuée d’ennemis, vu que les peuplades barbares que vous allez traverser n’en veulent qu’à l’argent, et non à la personne. Evitez donc de produire le moindre objet qui puisse tenter leur cupidité. Songez que souvent je les ai entendus se glorifier, comme d’un acte héroïque, d’avoir fait assassiner telle et telle personne, pour lui enlever un objet qu’ils avaient convoité.

“Evitez autant que possible les occasions qui pourraient donner atteinte à votre honneur. Si des cas imprévus surviennent, n’y répondez jamais avec emportement; car répondre à l’insolence Asiatique c’est ajouter de la matière combustible à un feu qui brûle déjà. Si vous vous voyez forcé d’y répondre, il faut alors leur présenter des raisons solides accompagnées d’expressions obligeantes et courageuses.

“Ayez pour maxime qu’il ne faut pas faire d’amitié particulière avec les Orientaux, vu qu’ils sont incapables d’attachement sincère. Vivez bien avec tous, mais ne vous attachez à aucun. Par ce moyen il vous en coûtera moins. Sachez qu’ils n’ont ni la bonne foi, ni la franchise, ni la loyauté qui nous caractérisent. Ils sont doux, flatteurs, caressans, il est vrai; mais sous ces formes séduisantes ils cachent presque toujours de sinistres desseins. La perfidie, la trahison, le parjure n’ont rien qui leur paraisse répréhensible. A leurs yeux le droit n’est rien, la force fait tout. N’allez pas vous imaginer que ce que vous appelez bonté, douceur, complaisance, puisse vous être utile. Ils ne savent nullement apprécier de telles qualités. Comme Européen, ne craignez pas de faire usage de la flatterie. Etant d’usage parmi eux, vous ne sauriez trop l’employer; elle peut même vous être avantageuse.

“En quittant Lahore, dites adieu à Bacchus, pour ne le revoir que dans la belle Europe. C’est là un sacrifice essentiel à faire. Il vous évitera bien des querelles que pourraient vous susciter les Mahométans. Soyez modeste dans vos dépenses: moins vous en ferez, moins vous tenterez la cupidité des Orientaux. Evitez surtout de donner le moindre cadeau; car si vous faites tant que de régaler quelqu’un, vous vous trouverez bientôt assiégé par une infinité d’autres, qui ne désempareront que quand vous les aurez satisfaits. Paraissez en public le moins qu’il vous sera possible. Evitez toute sorte de conversation, surtout celles qui traitent de théologie, point sur lequel les Mahométans aiment à tomber avec un Européen. Donnez leur toujours raison lorsque vous vous verrez forcé de donner votre avis. Que vos mémoires soient écrits en secret, autrement vous donneriez lieu à des soupçons qui pourraient vous être préjudiciables.

“En prenant des renseignemens, faites le avec adresse et prudence; n’ayez jamais l’air d’insister à les avoir. Si le pays offre des curiosités, visitez les comme pour passer le tems: si elles sont écartées, n’y allez jamais qu’en bonne compagnie.