“Ne vous mettez en route qu’avec des caravanes sûres, et ayez surtout l’attention de ne jamais vous en écarter. Ayez de petites attentions pour le caravanseraskier, car c’est toujours de lui que dépend l’heureux succès des voyageurs. En vous attirant son amitié, il pourra vous donner des renseignemens que vous pourrez désirer, et par là vous éviterez de vous adresser à des personnes étrangères. Que votre campement soit toujours à ses côtés; mais, nonobstant cela, que l’un de vous ait sans cesse l’œil au guet.
“Soyez toujours armé jusqu’aux dents pour en imposer. Evitez les gens qui font les empressés pour vous servir, car ce sont là ordinairement des marauds qui en veulent à votre bourse. Avant votre départ, tâchez de faire connaître que vous partez sans argent, et que ce qu’il vous en faut vous l’avez pris en lettres de change. Faites en sorte d’avoir toujours la moitié de votre argent sur vous, et bien caché. Dans les endroits où vous craindrez d’être visité, cachez le d’avance pour qu’il ne soit pas vu. Songez que j’ai été plus d’une fois visité, et que cela pourrait fort bien vous arriver; trouvez donc de bonnes cachettes pour l’argent.
“Lorsqu’il s’agira de payer la traite foraine, soldez la sans difficulté, à moins que les exigeances du douanier ne soient trop fortes. Sachez que ce sont là des coquins qui peuvent vous susciter plus d’une querelle.
“Quoique voyageant dans des contrées livrées au plus affreux despotisme, vous ne pourrez vous empêcher d’admirer la grande familiarité qui existe du petit au grand, ainsi ne soyez nullement étonné si vous vous voyez par fois accosté par des vauriens qui vous arracheront des mains le kalion pour en tirer de la fumée. N’ayez donc aucun air hautain avec qui que ce soit; l’air de fakhir est celui qui vous convient le plus.
“Le Nevab Dgiabar Khan peut vous aplanir toutes les difficultés que vous pourrez rencontrer de Caboul à Bokhara; tâchez donc de lui plaire: c’est d’ailleurs le plus parfait honnête homme que j’ai rencontré en Asie. Quant à votre projet de traverser la Khiva pour vous rendre sur les bords de la mer Caspienne, je le trouve impraticable: je désire, cependant, que vous puissiez le surmonter. Dans le cas contraire, repliez vous sur Hérat ou Méched, mais alors ne vous mettez en route qu’avec une nombreuse caravane bien armée, car le pays que vous devez traverser est infesté de Turcomans, qui ravagent impunément toutes ces contrées. D’ailleurs, l’expérience que vous acquerrez en traversant ces contrées vous fournira des lumières propres à vous guider mieux que ne le feroient mes instructions.
“Que Dieu vous fasse arriver à bon port!”
CHAP. II.
ACROSS THE PUNJAB TO THE INDUS.
Quit Lahore.
After taking an affectionate farewell of Messrs. Allard and Court, we quitted Lahore in the forenoon of the 11th of February, and alighted at the tomb of Juhangeer, a splendid mausoleum across the Ravee. Without any depression of spirits, or diminution of zeal, I felt no small degree of solitude at being separated from our hospitable friends; and I now look back on the few weeks which I passed at Lahore as some of the happiest days of my life. Nor was there much in our first night’s lodging to cheer us—the wreck of a royal cemetery, which the manes of a king had once rendered sacred, but lately converted into a barrack for a brigade of infantry, who had further contributed to its desolate appearance. We put up for the night in one of the garden houses which surround it, and listened to the puerile stories of the people, who assured us that the body of the emperor, like the fabled tale of that of Mohammed, was suspended by loadstones. One has only to enter a chamber underneath to see it resting on the ground.