I.H.S. M.I.A. LAN 1634 LE NTE 25 IVILET.IE.ETE-PLA PREMIERE.P.C.GIFART SEIGNEVR.DE CE.LIEV

La première ligne a été, sans doute, gravée avec une pointe, l'incision plus indécise est aussi moins profonde, de même que les lettres NTE ajoutées au-dessus de PLA, pour faire le mot planté, que l'art du graveur ou la largeur du ciseau n'avait pas su contenir dans la troisième ligne.

Les lettres des trois dernières lignes ont été coupées avec un ciseau de un demi-pouce de large, l'incision est nette et bien dessinée; on voit encore les lignes qui ont été tracées dans toute la largeur de la plaque, an moyen d'une pointe pour guider le ciseau du graveur.

Dans le centre de la plaque, on distingue avec peine un écusson. portant un coeur renversé et fiammé; au centre de l'écu, trois étoiles. Impossible de dire si elles sont posées en face ou sur un champ quelconque. Le tout a du être surmonté d'un heaume, car on voit encore de chaque coté de l'écu des lignes courbes multiples, qui doivent nécessairement représenter les lambrequins; sur le côte gauche, un bout de banderolle, mais l'artiste a dû abandonner sa première idée, car le haut de la banderolle se perd dans les lignes du lambrequin.

J'ai lu dans la lettre qui accompagnait l'envoi de Madame Gugy, que les ouvriers, qui avaient travaille aux ruines, disaient avoir trouve la plaque de plomb, roulée avec certains documents qui seraient tombés en poussière au toucher. La chose me paraît impossible. Le dessous de la plaque indique qu'elle a été posée à plat sur un lit de mortier, et la partie gravée, du moins celle où sont gravées les armoiries qu'une pierre pesante a été placée dessus, et c'est par l'enfoncement de sa surface inégale que la plupart des lignes gravées ont été détruites. On voit encore dans le plomb oxidé l'empreinte d'une coquille pétrifiée qui se trouvait agrégée au calcaire.

En roulant le bloc supérieur, les ouvriers ont pu plier le métal; de là l'erreur de croire que la plaque était roulée, elle a dû, comme toutes choses de ce genre, être placée dans une cavité comme fond, où on avait deposé le document tombé en poussière et les "quelques sous" que ces honnêtes ouvriers ont gardés pour eux, sans doute, sans en connaître la valeur.

Peu habitué à lire de telles inscriptions, mais connaissant la piété des premiers colons du Canada, j'essayai de donner un sens courant à l'inscription et je trouvai qu'on pouvait lire ici:

Iesu Hominum Salvatore, Mariâ Immaculatâ Auspice

(Sous les auspices ou la protection de Jesus sauveur des hommes et de
Marie-Immaculée)

L'an 1634,
le 25 juillet—je—été plantée
première par (ou pour) C. (chirur.) Gifart, Seigneur de ce lieu.