No. 8.

Le Chargé d'Affaires en France an Ministre des Affaires Etrangères.

(Télégramme). Paris, le 11/24 Juillet 1914.

La copie de la note officiellement remise à Belgrade a été communiquée par l'Ambassadeur d'Autriche an Gouvernement Français. Plus tard l'Ambassadeur d'Allemagne a visité le Ministre et lui a lu une communication reproduisant les arguments autrichiens et indiquant qu'en cas de refus de la part de la Serbie, l'Autriche serait obligée de recourir à une pression et, en cas de besoin, à des mesures militaires; la communication se terminait par la remarque qu'à l'avis de l'Allemagne cette question devrait être résolue directement entre l'Autriche et la Serbie et qu'il était de l'intérêt des Puissances de circonscrire l'affaire en l'abandonnant aux Parties intéressées. Le Gérant du Département Politique, qui assistait à l'entretien, demanda à l'Ambassadeur s'il fallait considérer l'action autrichienne comme un ultimatum—en d'autres termes, si, dans le cas où la Serbie ne se soumettrait pas entièrement aux demandes autrichiennes, les hostilités étaient inévitables? L'ambassadeur évita une réponse directe en alléguant l'absence d'instructions.

(Signé) Sevastopoulo.

No. 9.

Le Chargé d'Affaires en Serbie au Ministre des Affaires Etrangères.

(Télégramme). Belgrade, le 11/24 Juillet 1914.

Pachitch est rentré à Belgrade. Il a l'intention de donner dans le délai fixé, c'est à dire demain Samedi à 6 heures du soir, une réponse à l'Autriche indiquant les points acceptables et inacceptables. On adressera aujourd'hui même aux Puissances la prière de défendre l'indépendance de la Serbie. Ensuite, ajouta Pachitch, si la guerre est inévitable—nous ferons la guerre.

(Signé) Strandtman.