Tend ses bras insensés pour cueillir les étoiles.
Une beauté, cachée aux désirs trop humains,
Sourit à ses regards, sur d'invisibles toiles;

Vers ses ambitions lui frayant des chemins,
Un ange le soutient sur des brises propices;
Les astres bien aimés s'approchent de ses mains;

Les lis du paradis lui prêtent leurs calices.
Béatrix ouvre un monde à qui la prend pour soeur,
A qui lutte et se dompte et souffre avec délices,

Et goûte à s'immoler sa plus chère douceur;
Et, joyeux, s'élançant au delà du visible,
De la porte du ciel s'approche en ravisseur.
Gloire au coeur téméraire épris de l'impossible!

LE DROIT D'AINESSE

Te voilà fort et grand garçon,
Tu vas entrer dans la jeunesse;
Reçois ma dernière leçon:
Apprends quel est ton droit d'aînesse.

Pour le connaître en sa rigueur
Tu n'as pas besoin d'un gros livre;
Ce droit est écrit dans ton coeur….
Ton coeur! c'est la loi qu'il faut suivre,

Afin de le comprendre mieux,
Tu vas y lire avec ton père,
Devant ces portraits des aïeux
Qui nous aideront, je l'espère.

Ainsi que mon père l'a fait,
Un brave aîné de notre race
Se montre fier et satisfait
En prenant la plus dure place.

A lui le travail, le danger,
La lutte avec le sort contraire;
A lui l'orgueil de protéger
La grande soeur, le petit frère.